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L’agave et l’enfant seul


Recueilli par Ph.L. - http://www.liberation.fr


ANTONIO UNGAR Les Oreilles du loup Traduit de l’espagnol (Colombie) par Robert Amutio, Les Allusifs, 134 pp, 15 euros.


Né à Bogotá en 1974, Antonio Ungar a d’abord été architecte. Il est journaliste à Jaffa, en Israël. Il a écrit des recueils de nouvelles, des romans. Publié en 2006, «les Oreilles du loup» est son premier livre traduit. Un enfant dont les parents se séparent suit sa mère et sa sœur. Il rêve beaucoup, observe la vie et les choses autour de lui, de Bogotá aux maisons isolées dans la brousse. Il parle de lui, presque comme si c’était un autre : sa tristesse et ses joies sont faites de constats, sans connivence.

«J’ai commencé à écrire les Oreilles du loup pour échapper à l’écriture d’un autre livre très ennuyeux que, heureusement pour mes lecteurs et pour moi, je n’ai jamais terminé. Au début, je l’ai imaginé comme un faux journal d’enfance, uniquement pour me divertir, et finalement c’est devenu ce petit roman. J’y ai mis des rêves et des peurs de mon enfance. Dans le rêve qui ouvre le livre, l’enfant voit brûler une haute fleur d’agave, "indifférente à la course du monde". Il y avait un agave devant la maison où je vivais. En Colombie, on appelle cette plante "chusque". Elle pousse une fois dans l’année, meurt, repousse.

«Mon grand-père était autrichien. Son nom, Ungar, est juif. Il avait 17 ans quand son frère aîné a été arrêté par les nazis. Toute la famille, sauf mon grand-père, est allée à la police pour le faire libérer. Personne n’est revenu. Mon grand-père a fui avec ses vêtements et deux livres. Il a toujours aimé lire, les Russes, les Viennois, Karl Kraus, Freud. Il y avait de la famille en Colombie, c’est là qu’il est venu. Plus tard, il a travaillé dans la librairie centrale de Bogotá. Elle appartenait à une Polonaise dont les fils, socialistes, étaient restés au pays. Elle a fini par les rejoindre et a revendu la librairie à mon grand-père. C’était très rustique, sur un étage. On pouvait y écouter de la musique. C’était aussi une galerie d’art réputée. Moi, je jouais à cache-cache entre les rayons. Ma grand-mère a 90 ans et elle y travaille toujours. Mon père est mort à 32 ans, quand j’en avais quatre. Il était architecte et urbaniste. J’ai vu les maisons qu’il a créées, mais je n’y suis jamais entré. Nous sommes partis vivre dans la montagne, ma mère, mes deux sœurs et moi. C’était un lieu très isolé. J’y ai vécu jusqu’à 11 ans. Ma mère était artiste et donnait des cours. Nous cultivions des légumes et des fruits que je vendais à l’école. La vie était difficile, mais ce sont de belles années.

«Des ambiances et des paysages de cette époque passent dans le roman. On y trouve aussi des serpents et un vol de perroquets. J’ai de nombreux souvenirs de serpents. Ils faisaient partie de la vie de la forêt. Je me souviens de petites couleuvres vertes, inoffensives, dont les Indiens Curripacos et Puinabe font des mascottes. Elles mangent les mulots et les empêchent d’entrer dans les maisons. Les enfants jouent avec sans danger.

«Je suis parti vivre chez les Curripacos, au bord de l’Orénoque, à 22 ans. J’avais en partie fini mes études d’architecture et j’y allais pour effectuer un travail social. Après un premier boulot dans la seule ville de la région, je suis parti chez les indigènes. Ce sont des nomades. Ils construisent avec des feuilles et de la terre des maisons qu’ils peuvent défaire et refaire. J’ai étudié leur technique, très étrange, le long de la rivière Guaiana. Il y avait 60 petites communautés, et j’allais de l’une à l’autre en bateau. La guérilla dirigeait alors cette région. Quand par exemple la rivière manquait de poissons, elle réglementait la pêche. C’était une guérilla dégénérée, un mélange de narcotrafiquants et de preneurs d’otages que personne ne respectait plus : ni les intellectuels de gauche comme ma mère, ni les étudiants, et encore moins les pauvres.

«Un jour, je suis arrivé jusqu’à un lieu où l’on ne peut accéder qu’à la saison des pluies, quand la rivière est haute : le reste du temps, la forêt se referme dessus. Quand je suis apparu, 80 enfants se sont groupés autour de moi, puis ont fui. Ils n’avaient jamais vu d’homme aux yeux clairs. Des évangélistes étaient passés et avaient distribué des affiches représentant le Diable : il avait mon nez, me ressemblait. Inquiet, l’Ancien de la communauté est venu me demander si j’appartenais "au 666, au gouvernement ou à la guérilla".

«C’est dans la jungle que j’ai écrit pour la première fois - la seule où j’ai écrit à la main, car il n’y avait pas d’électricité. On vit là-bas dans une autre réalité, comme dans la drogue. On peut passer des mois sans parler. J’y ai lu les contes de Cortázar, qui sont soudain devenus beaucoup plus clairs. Et tous les livres de Truman Capote. Ses descriptions si précises de petites villes américaines ressemblaient pour moi à des rêves : leur organisation, leur topographie, leur confort. Dans la jungle, quand il y a une tempête, c’est comme vivre dans le ciel même. Et on a des points de repère comme : l’endroit où telle avionnette est tombée il y a six mois.»

Jeudi 8 mai 2008
par willy et sandrine publié dans : Livres
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Nouvelle Star 2008 : Emission du 07/05/2008 en vidéos
 - Elimination surprise de Thomas
!



Nouvelle Star : élimination surprise de Thomas !



Par Nicolas Vollaire - http://www.tvmag.com
<i>Nouvelle Star</i> : élimination surprise de Thomas !

Incroyable soirée à Baltard pour ce nouveau prime de Nouvelle Star ! Alors qu'il était le seul candidat à avoir reçu 2 fois les quatre "bleus" du jury, Thomas a été éliminé à la surprise générale. Virginie Efira avait annoncé "une surprise inconcevable" après avoir lu le nom dans l'enveloppe et c'est finalement Thomas qui a dû quitter l'aventure alors que le public s'attendait au départ d'Ycare (qui a reçu 3 "rouges" sur sa première chanson). Lio effondrée, Manoeuvre affalé, Manoukian dubitatif et Sinclair dépité : le jury n'a pu que constater les dégâts après l'élimination de leur favori du soir.

Interrogé au micro de W9 juste après l'émission, Thomas s'est montré remarquablement fair-play malgré le résultat du vote : "Ce n'est pas injuste. Je suis content de ce que j'ai fait ce soir, mais c'est une émission de 'voting' et je n'ai pas dû plaire assez au public", a déclaré le jeune chanteur. "C'est le choix des Français (sic) et je n'y suis pour rien. Ca ne remet pas en cause ma prestation de ce soir. Il y avait une vie avant Nouvelle Star et il y en aura une après. C'est dommage que ça s'arrête, mais c'est comme ça."




Jeudi 8 mai 2008
par willy et sandrine publié dans : Nouvelle Star 2008
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