Une mère témoigne des difficultés de son enfant handicapé privé d'EVS (Emploi vie scolaire).
samedi 19 mai 2007 -
http://www.liberation.fr
Elie régresse et sa mère s'inquiète. A bientôt 7 ans, grâce notamment à sa scolarisation dans une école ordinaire du XVIIIe arrondissement parisien, il avait beaucoup progressé. Mal entendant
et souffrant de troubles du comportement, il parlait de mieux en mieux. «Mais depuis qu'il n'y a plus personne de spécialisé pour l'aider à l'école, il va mal, il est anxieux»,
s'inquiète Astrid, sa mère. Pour l'assister dans la maternelle, lui et un autre enfant handicapé bénéficiaient d'un EVS (Emploi vie scolaire). Il s'agit d'un contrat aidé, destiné en priorité
aux chômeurs de longue durée ou aux RMistes. Il y avait aussi un autre dispositif, destiné plus largement aux enfants en difficultés, avec un médecin scolaire, un psychologue, deux
enseignants spécialisés. La plupart ont déserté l'école ces dernières semaines, partis en stage, dans une autre école, en congé maternité... L'EVS, lui, est parti sans rien dire.
L'inspecteur d'académie Edouard Rosselet, contacté vendredi, assure que tout cela va s'arranger le plus rapidement possible. Il reconnaît qu'il y a un problème avec les EVS. «C'est une
population très volatile, ce n'est pas facile de gérer ces contrats privés», explique-t-il, allusion au grand turnover. Un EVS, payé au Smic, a le droit de rompre son contrat dès
qu'il trouve mieux.
«Ce n'est pas tout de décréter la scolarisation des enfants handicapés, encore faut-il mettre les moyens», dit Astrid. Elie, par exemple, va chaque vendredi matin dans un centre
d'orthophonie. «Pour trouver un taxi qui accepte de l'y emmener, c'est devenu impossible, poursuit sa mère. Les taxis agréés refusent car ils sont mal remboursés.»
A l'école, Elie a aussi des séances d'orthophonie mais, faute de place, cela se passe souvent dans la salle des profs. Sans parler de son institutrice débordée, qui doit s'occuper de sa classe
et de lui, sans aide.
Depuis la loi du 11 février 2005, le nombre d'enfants handicapés scolarisés est monté en flèche : 160 000, aujourd'hui. Mais, selon l'APAJH (fédération des associations pour adultes et jeunes
handicapés), on compte seulement un accompagnant pour 17 élèves et 10 000 à 15 000 enfants sont sans solution.