Au Canada, le lait, les œufs, le blé, les noix, le sésame, les arachides, les crustacés, les mollusques et le soya sont les aliments causant le plus de réactions allergiques. Des aliments qui, comme nous le savons, se retrouvent à peu près partout! Les enfants les plus à risque de développer une allergie alimentaire sont:
• ceux en ayant déjà souffert;
• ceux ayant déjà fait de l'urticaire, de l'eczéma ou de l'asthme, ou dont l'un des parents souffre d'une de ces affections;
• ceux issus de familles ayant des antécédents d'allergies.
Tout d'abord, il est très important de faire la différence entre une allergie et une intolérance alimentaire. L'allergie est une réaction du système immunitaire à une protéine. Les symptômes, instantanés, sont d'ordre digestif, respiratoire ou anaphylactique (réaction grave). L'intolérance, quant à elle, est une réaction anormale de l'organisme à l'ingestion d'un aliment. Les symptômes peuvent survenir plusieurs heures après l'ingestion. Ceux-ci se manifestent principalement par des troubles digestifs: crampes, diarrhée, vomissements, ballonnements, etc.
Les protéines bovines
L'allergie aux protéines bovines est une des plus courantes. Si vous allaitez et que votre bébé semble souffrir de douleurs digestives ou de difficultés respiratoires, il se peut très bien que le lactose (sucre) ou les protéines bovines des produits laitiers que vous consommez en soient la cause. Il est alors conseillé d'éliminer de votre menu, pour un minimum de deux semaines, tous les produits laitiers, leurs dérivés ainsi que les aliments contenant des ingrédients provenant de ce groupe alimentaire afin de voir s'il y a diminution des symptômes. Si vous offrez un lait maternisé à votre nourrisson, je vous suggère de vous tourner vers des formules à base de caséine hydrolysée (Alimentum, Nutramigen, Pregestimil). Dans certains cas, ce type de formule n'est pas approprié; vous devrez alors essayer un produit plus spécialisé, comme le Néocate. Il existe également des formules à base de soya qui sont une excellente alternative si votre enfant ne souffre pas d'allergie à cet aliment. Consultez votre médecin ou votre pédiatre afin de faire le meilleur choix.
Si l'allergie persiste après l'âge d'un an, privilégiez les produits à base de soya, d'amandes ou de riz. Le lait de chèvre et ses dérivés sont une option prisée par les parents. Cependant, la composition en protéines du lait de chèvre ressemble étrangement à celle du lait de vache; il peut donc y avoir une réaction croisée.
Les céréales
L'introduction des céréales se fait vers cinq mois s'il n'y a pas d'allergies au blé — ou à toute autre céréale — connues dans la famille. Sinon, il est conseillé de retarder leur introduction à l'âge d'un an. Si une allergie se manifeste, on doit éviter tous les aliments contenant du blé, de l'épeautre ou du kamut. Par contre, pour les enfants atteints de la maladie cœliaque, le gluten (protéine du blé, du kamut, de l'épeautre, de l'orge, du seigle et de l'avoine) doit être éliminé à vie. Il faut donc se diriger vers des aliments certifiés sans gluten (faits à base de farine de riz, de pommes de terre, de quinoa, de sarrasin, de teff, etc.) afin d'éviter la contamination croisée par d'autres céréales.
Les fruits et les légumes
Il est important d'attendre après neuf mois pour intégrer les betteraves, le navet et les épinards, puisqu'ils ont une teneur élevée en nitrates.
S'il y a des allergies aux fruits dans votre famille, il vaut mieux retarder jusqu'à l'âge d'un an les jus d'agrumes (citron, orange et pamplemousse) et certains fruits tropicaux (mangue, ananas). Il est même préférable, dans de telles conditions, d'attendre que notre enfant ait quatre ans avant de lui présenter des fruits.
On introduit généralement les jus dans cet ordre: pomme, raisin, orange, pamplemousse.
Les protéines
On recommande d'attendre à un an avant d'introduire les fruits de mer afin d'éviter toute réaction allergique. Si des membres de la famille sont allergiques, il vaut mieux attendre à trois ans. Toutefois, pour compenser les bons gras des fruits de mer et des poissons, on peut les remplacer par du tofu soyeux, qui s'incorpore facilement aux purées de légumes. Les huiles d'olive et de canola extra vierges en sont aussi une bonne source.
Les œufs
Une fois les céréales, les légumes, les fruits et les protéines introduits, allez-y pour le jaune d'œuf. Si votre enfant est allergique aux œufs, sachez que l'allergie disparaît avant l'âge scolaire. Utilisez entre-temps des substituts d'œufs dans vos préparations. Vous pouvez vous-même remplacer les œufs par une recette très simple: 1 œuf = 15 ml de graines de lin moulues mélangées à 45 ml d'eau. Vous devez laisser gonfler la préparation de 2 à 3 minutes, et le tour est joué!
Les arachides et le soya
En Amérique du Nord, l'allergie à l'arachide est l'une des plus courantes. Contrairement à ce que nous croyons, l'arachide n'est pas une noix mais une légumineuse, comme le soya. Par contre, puisque sa protéine ressemble étrangement à celle des noix, un tiers des personnes allergiques à l'arachide le sont également aux noix et aux graines, comme le sésame. Afin d'éviter que votre enfant devienne allergique à ces aliments, il est primordial de ne pas les introduire avant l'âge de deux ans. S'il y a allergie dans la famille immédiate, il est même suggéré d'attendre jusqu'à quatre ans.
Quant aux aliments à base de soya, vous pouvez les introduire dès que votre enfant peut consommer de la viande. Par contre, une allergie au soya dans la famille oblige à retarder son introduction à l'âge d'un an. Si votre enfant souffre d'une allergie aux produits laitiers en plus d'une allergie au soya, vous pouvez vous diriger vers les produits à base d'amandes ou de riz enrichis en calcium et en vitamine D qui se trouvent maintenant sur nos tablettes d'épicerie.
En cas de réaction allergique
Si vous apercevez une réaction anormale chez votre enfant, éliminez l'aliment que vous suspectez pendant une ou deux semaines afin de voir si les symptômes disparaissent. Réintroduisez ensuite l'aliment en petites quantités, pour voir si l'enfant réagit ou non. Si les symptômes reviennent, je vous suggère d'éliminer l'aliment pendant encore deux ou trois mois. Puis, si les symptômes persistent, attendez encore de six mois à un an avant de réessayer. Après ce temps, il se peut que votre enfant ne soit plus allergique. Évidemment, parlez-en à votre médecin de famille!
Sites de référence
www.aqaa.qc.ca
www.dejouerlesallergies.com
www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Consommation/Qualitedesaliments/allergiesalimentaires
www.fqmc.org
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