Partager l'article ! Liberia: enfants non-désirés, adultes indésirables: Liberia: enfants non-désirés, adultes indésirables Par Frédérique Drogoul& ...
Revenir dans un monde en paix, n'est pas chose facile… Pour les anciens enfants-soldats, la vie dans les bandes armées a introduit une radicale discontinuité d'avec la vie d'avant, la vie des autres; ils semblent se tenir sur le bord, comme s'ils n'avaient rien à en attendre. Et s'ils ont besoin d'être entre eux, c'est souvent parce qu'ils n'ont nulle part où aller… Très vite, nous avons identifié à quel point leurs difficultés actuelles prennent racine dans leur histoire d'enfance, avant leur enrôlement.
Trop souvent, ce sont des histoires d'enfances déjà dévastées, sans liens affectifs stables, sans autre choix qu'une marginalité de survie. Et en Afrique, sans doute plus qu'ailleurs, ne pas avoir d'appartenance à un groupe social équivaut à une sorte de mort psychique. Faut-il dès lors s'étonner de retrouver, parmi les enfants démobilisés, une si forte représentation de ces enfants indésirables?
Les enfants enlevés par la violence à des familles stables n'ont pas eu les mêmes trajectoires dans les forces armées que ceux qui se sont enrôlés volontairement pour trouver un groupe d'appartenance. Cette évidence mérite d'être détaillée car elle permet de comprendre les défis posés par leur retour dans la vie civile.
Comment se réintégrer quand on n'a jamais été intégré? De quel retour est-il question quand on ne sait où aller? Quelle va être l'empreinte laissée par ces années de guerre sur des enfants enrôlés à un très jeune âge, comme l'ont été les Small boys units (SBU) de Charles Taylor?