Orphelinat de Go Vap au sud du Vietnam. Photo: Kerrilee Barrett.
Les Etats-Unis se sont inquiétés des dérives des procédures d'adoption au Vietnam, affirmant notamment que des enfants étaient arrachés à leur mère naturelle et revendus à des parents adoptifs. En réponse à ces accusations, le gouvernement vietnamien a décidé d'interdire les adoptions par des parents américains.
L'agence de presse Associated Press a révélé jeudi dernier qu'un document de l'ambassade américaine fait état de fraudes, d'affaires de corruption et de ventes de bébés au sein du système d'adoption vietnamien. Quelques jours après la mise à jour de ce document, les autorités vietnamiennes ont annoncé que les Américains ne pourraient plus adopter d'enfants vietnamiens, à partir de juillet. Environ 1.200 enfants vietnamiens ont été adoptés par des familles américaines durant les 18 derniers mois.
Sam travaille pour une ONG qui aide les enfants dans le besoin au Vietnam. Il préfère rester anonyme par peur de représailles du gouvernement.
Les agences d'adoption passent des accords avec les hôpitaux. Elles envoient ensuite des gens dans les villages à la recherche de femmes enceintes qu'ils doivent convaincre de venir à l'hôpital pour lequel ils travaillent.
Il faut avoir fait au minimum deux ans de volontariat au Vietnam pour monter une agence d'adoption. Ensuite, la procédure pour faire reconnaître son agence peut durer très longtemps. Les candidatures qui ne bénéficient d'aucun "soutien" n'aboutissent jamais.
Ces agences d'adoption ont été autorisées à nouveau, en 2005 [elles avaient été interdites en 2003]. En un an, une centaine ont-été montées. Comment ces agences ont-elles obtenu aussi rapidement une licence ? Aucune idée. L'argent a bien dû changer de mains à un moment. Ici tout passe par les pots-de-vin. Et je ne pense pas que ça va s'arranger."
Elaine est une Américaine qui a adopté un enfant vietnamien. Elle attend la finalisation du processus d'adoption pour ramener son fils chez elle. Elle tient un blog, mais préfère rester anonyme.
Quand nous avons eu vent de ces rumeurs, nous avons posé plus de questions à notre agence [d'adoption]. Nous avons demandé s'il n'était pas préférable de laisser l'enfant avec sa mère biologique. D'après la façon dont notre agence opère, les papiers qui nous ont été donnés et les informations concernant la mère biologique que mon mari a obtenues sur place, nous avons toutes les raisons de croire que la procédure d'adoption s'est déroulée dans les règles. Malgré tout, depuis que les journaux parlent de la corruption du système d'adoption au Vietnam, nous hésitons à dire ouvertement que notre fils vient de ce pays. Nous ne voulons pas que les gens croient que nous avons acheté un bébé."
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