
«Les premiers candidats du baccalauréat auraient beaucoup de mal à reconnaître». A l'occasion de la traditionnelle conférence de presse de présentation du baccalauréat, Xavier Darcos a longuement rendu hommage à l'examen mythique créé par Napoléon le 17 mars 1808, qui fête son bicentenaire. «Malgré les péripéties incroyables de l'histoire de France, le bac a subsisté. Image de la continuité de l'Etat, il fait partie des mythes de la République», a expliqué le ministre de l'Education nationale qui a assuré que l'examen ne serait pas supprimé. Pour autant d'importantes innovations attendent les 615.625 candidats de la session 2008, dont le plus jeune a 13 ans et le plus âgé 63 ans.
Epreuves plus tardives. Au nom de «la reconquête du mois de juin», thème cher à l'Elysée, le coup d'envoi des épreuves du baccalauréat, qui compte cette année 4800 sujets (cela représente 4 millions de copie), a été reculé d'une semaine,le 16 juin au lieu du 11 comme en 2007 pour éviter que le mois de juin ne soit perdu pour les élèves de premières et de secondes des établissements centres d'examen et que les adolescents, faute de locaux et d'enseignants disponibles ne se retrouvent en vacances dès la fin mai. Les résultats du baccalauréat 2008 seront connus le 4 juillet.
Réorganisation du baccalauréat. Ce dispositif, qui vise toujours à préserver le mois de juin, concerne 15 départements pilotes -ceux des académies d'Amiens, Besançon, Dijon, Rouen, ainsi que la Lozère et le Vaucluse- soit 55.000 élèves. Dans les lycées de ces académies, la surveillance des épreuves sera assurée autant que possible par des personnels non-enseignants ou des vacataires, pour que le maximum de professeurs puisse continuer à assurer leurs cours. Davantage de lycées privés deviendront centres d'examen. En cas de réussite, la méthode, dont le budget n'a pas été chiffré, sera généralisée en 2009.
Nouvelles options. 188 candidats du bac général et de la série technologique «hôtellerie» vont présenter la langue des signes française (LSF) comme épreuve facultative orale de langue. Le bac professionnel s'enrichit de quatre spécialités inédites : environnement nucléaire, ouvrages du bâtiment (option métallerie), technicien aérostructure, technicien du froid et du conditionnement de l'air.
Meilleure rémunération des correcteurs. Les enseignants magnant le stylo rouge des 15 départements pilotes de cette nouvelle organisation seront payés cinq euros par copies contre un peu plus d'un euro précédemment. Les personnels des centres d'examen verront leurs indemnités majorées de 100%.
Xavier Darcos a également évoqué la perspective d'une évolution du baccalauréat en 2012, une fois la réforme du lycée achevée en 2011. « Le baccalauréat sera la conséquence de la réforme du lycée et pas l'inverse», a-t-il affirmé. «Nous allons réformer le lycée et nous verrons ensuite comment les épreuves terminales devront s'organiser». «Inévitablement, il y aura une relecture des programmes, qui sont très chargés, qui sont même parfois étonnamment ambitieux », a avancé Xavier Darcos. Le ministre a par ailleurs estimé que la «tripartition» actuelle en filières L (littéraire), ES (sciences économiques) et S (scientifique), avait «du sens», sans pour autant pouvoir «garantir» son maintien.
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