|
MICKAËL, Olivier, Ludovic, Aliou et Julien, cinq bons copains âgés de 21 à 27 ans,
ont perdu la vie dans un effroyable accident de voiture qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche au Tremblay-Omonville, une bourgade de l'Eure. Il est 1 h 30 samedi. A bord d'une
Clio trois portes, les cinq camarades, originaires de Caudebec-lès-Elbeuf, Grand-Quevilly, Fouqueville et Elbeuf, prennent la route pour se rendre dans une discothèque de L'Aigle (Orne)
distante de 80 kilomètres. Ils sont accompagnés de quatre amies du même âge qui se trouvent dans une seconde voiture. Ils vont fêter l'anniversaire de l'un deux, après avoir joué au poker
en début de soirée.
« L'endroit n'est pas réputé dangereux »
Les deux véhicules traversent le village lorsque le conducteur de la Clio entreprend de doubler la voiture des jeunes filles. La Clio roule trop vite, alors que la vitesse est limitée à
50 km/h. Le conducteur ne voit pas l'îlot central en ciment au milieu de la chaussée. Le choc est si violent que la petite voiture décolle et vient percuter une Fiat Punto arrivant en
sens inverse dans laquelle circulent un couple et leur bébé. La Clio part en tonneaux, ses quatre passagers non attachés sont éjectés et tués sur le coup. Le conducteur, âgé de 21 ans, le
plus jeune du groupe et qui avait bouclé sa ceinture de sécurité, devait décéder plus tard dans la nuit à l'hôpital de Rouen. Dans la Fiat, Hugo, le nourrisson âgé de 8 mois, est indemne.
Ses parents, Sébastien et Adeline Contremoulin, âgés de 34 et 29 ans, habitant Tournedos-sur-Seine (Eure) n'ont presque rien. Seule la mère, qui conduisait, a été blessée à un poignet. «
C'est un miracle qu'on s'en soit sorti », confie Sébastien. Il a précisé avoir vu, quelques secondes avant l'accident, une première voiture doubler la Clio, à 300 m-400 m de la sienne.
Puis la Clio a, à son tour, déboîté pour doubler. « J'ai vu comme une fusée arriver sur nous. Ma femme a vu la voiture s'envoler sur le toit », raconte-t-il.
Des prélèvements d'alcoolémie et de toxicologie ont été effectués. Les résultats ne seront pas connus avant aujourd'hui ou demain. Bruno Lavandier, capitaine de gendarmerie, adjoint au
commandant de la compagnie de Louviers, ne cache pas sa tristesse et son découragement : « On a beau faire de la prévention et de la répression, on n'obtient pas les résultats escomptés.
Le samedi soir et les sorties en boîte de nuit sont des moments très accidentogènes, malgré toutes les actions de police et de contrôle spécifiques. L'endroit où a eu lieu ce terrible
accident n'est pas réputé dangereux, ce n'était donc pas prévisible. On a un sentiment d'impuissance et ce sont encore des jeunes qui sont concernés. »
Depuis le début de l'année, quarante-cinq personnes, dont une majorité de jeunes, ont été tuées sur les routes de l'Eure. Cet accident vient rappeler que la route est la première cause de
mortalité chez les 15-24 ans.
|
Commentaires