La
maman a un titre de séjour. Pas son fils de 10 ans. Pour en obtenir un, Annick Razanakoto doit renvoyer Cédric à Madagascar pour qu'il entame, là-bas, une régularisation dans le cadre d'une
procédure de regroupement familial. Sans assurance de résultat. Absurde pour cet enfant qui vit en France depuis 3 ans.
Ce qu'on demande à la maman ? Tout simplement de renvoyer son petit garçon à Madagascar pour le faire revenir après avoir entamé, là-bas, une procédure de « regroupement familial ». Sans assurance de résultat. C'est la seule issue trouvée par la préfecture pour qu'Annick Razanakoto décroche un titre de séjour pour son fils qui n'est muni que d'un « document de circulation ». Arrivé avec sa mère en 2005 avec un visa touristique, Cédric est scolarisé depuis le début. Il « cartonne » à l'école et maîtrise aujourd'hui le français comme un bon Gaulois.
En débarquant dans l'hexagone grâce au mari Français de sa mère qui l'a adoptée il y a 3 ans, Annick Razanakoto n'imaginait pas le parcours tortueux qui l'attendait. « Je pensais que la régularisation de Cédric se ferait automatiquement ; qu'on ne pourrait pas me la refuser, témoigne-t-elle. Là-bas, je n'ai plus personne pour accueillir mon fils. Mes deux soeurs vivent en France et mon mari travaille sur un câblier de France-Télécom ; il passe 6 mois de l'année en mer. »
Comme un malheur n'arrive jamais seul, Annick Razanakoto qui dispose d'une carte de séjour temporaire renouvelable lui permettant de travailler doit maintenant craindre une autre épée de Damoclès. Dans son courrier, la préfecture lui rappelle que son « titre de séjour peut faire l'objet d'un retrait dès lors que vous faites venir votre enfant en dehors de la procédure de regroupement familial. » Et conclut ainsi : « En conséquence, je vous invite à organiser, dans les meilleurs délais, le retour de votre fils dans son pays d'origine et à déposer ultérieurement une demande de regroupement familial. » Kafkaïen ! Mais terriblement angoissant pour la maman qui continue de se battre. Le 14 mai, elle a adressé une demande de recours gracieux au préfet. En attendant la réponse, elle continue de jongler entre sa vie familiale, ses tracas administratifs et les deux emplois qu'elle se coltine chaque jour, l'un dans l'hôtellerie et l'autre dans une société de nettoyage, afin, insiste-t-elle, « de pouvoir subvenir à nos besoins et d'assumer toutes nos charges. »
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