C'est une maladie qui angoisse les familles. Et pas seulement en Seine-Maritime, où sévit une mystérieuse épidémie qui a encore causé la mort de deux enfants la semaine dernière. La ministre de la Santé, qui se rendra mercredi sur place, rassure.
LA MÉNINGITE a fait deux petites victimes cette semaine en Seine-Maritime : un garçon de 13 mois vendredi à Pavilly près de Rouen et un autre de 16 mois il y a une semaine à Dieppe. Depuis le début de l'année, dans ce département, quatre enfants sont morts d'infection invasive à méningocoques (IIM) de type B. Trente-six méningites B ont été enregistrées en six mois.
Ici, dans ce bout de Normandie particulièrement frappé depuis 2003, l'incidence de la maladie - le nombre de cas pour 100 000 habitants - est trois fois plus importante qu'ailleurs en France. Et
la variante qui sévit dans ce secteur, la B14 P1-716, est la plus dangereuse. A l'approche des départs en vacances sur les plages normandes, cette hyperendémie, dont les causes restent
mystérieuses même si l'on suspecte des facteurs génétiques, inquiète les familles bien au-delà de la Seine-Maritime.
Des symptômes qu'il faut savoir reconnaître. Il y a toujours une fièvre supérieure à 38,5°C avec des forts maux de tête, une raideur à la nuque et une gêne à la lumière, accompagnés
parfois de nausées et de vomissements. Et dans les formes les plus graves, des éruptions cutanées, sortes de taches bleutées. Les bébés refusent de manger, sont agités ou au contraire somnolents.
Au moindre doute il faut appeler le 15.
Une maladie grave... Les méningites à méningocoques, des bactéries qui infectent le cerveau par le nez et l'arrière-gorge, sont les plus graves (elles sont bénignes quand elles sont dues à
des virus). Le pronostic est fatal dans 4 à 8 % des cas, mais bien plus lorsque les taches bleues dites purpura fulminans apparaissent sur le corps (le taux de mortalité peut alors
monter jusqu'à 30 %). Ces infections touchent 800 personnes chaque année en France, surtout les enfants et les adolescents.
... mais pas si contagieuse que ça. Le méningocoque se transmet uniquement par la salive (toux, postillons, baisers). Le risque de contamination se limite donc aux personnes ayant été en
contact étroit avec la personne malade (dans un face-à-face à moins d'un mètre pendant plus d'une heure). Il n'y a pas lieu de prévoir un traitement préventif pour ceux qui n'ont pas eu ce
contact direct. Vous pouvez passer sans crainte vos congés là-bas...
Ça se soigne. Mis en oeuvre précocement, un traitement antibiotique adapté permet de guérir le malade dans cinq cas sur six. Il est aussi prescrit de manière préventive à l'entourage
direct du malade. La vaccination n'intervient pas obligatoirement.
On peut s'en protéger. Pour l'instant aucun cas ne s'est jamais déclaré chez une personne vaccinée. Une campagne de vaccination de masse a été lancée en juin 2006 en Seine-Maritime contre
le méningocoque de type B en direction des enfants âgés de 1 à 19 ans. Seule la région de Dieppe, où le phénomène est particulièrement localisé, est concernée mais elle devrait être étendue à
tous les jeunes du département. Ce vaccin-là est spécifique et n'est pas commercialisé, vous ne pouvez donc pas vous le procurer. Si votre enfant a été vacciné contre les autres types de
méningites - de nouveaux vaccins non obligatoires sont disponibles depuis quelques années -, il n'est pas pour autant protégé contre la méningite B de souche B14.
Pour toute information : numéro azur 0.810.000.833.
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