Encore une fois, vous avez l’intention de perdre du poids. Vous avez, à quelques reprises dans le passé, pris des moyens drastiques pour perdre du poids (suivi un
régime ou un plan alimentaire, fait des exercices intensifs) ? et vous avez repris du poids une fois les habitudes revenues ? Vous n’avez peut être pas réussi à poser les bons
gestes...
En premier lieu, il est important de déterminer si vous avez du poids à perdre.
Il faut savoir que nous avons tous un poids d’équilibre et qu’il est illusoire et même dangereux de vouloir descendre au dessous de ce poids.
Dans le meilleur des cas vous retrouverez votre poids initial , dans d’autres cas vous le retrouverez avec un bonus et pire encore vous basculerez peut être dans les troubles avérés des conduites alimentaires.
Le surpoids avec le fameux IMC compris entre 25 et 29 n’est pas une norme médicale , on peut être à son poids d’équilibre avec un IMC dans ces zones là. Vouloir maigrir à tout prix est un exercice non seulement dangereux pour le corps mais aussi pour l’esprit même s’il y a quelques fois une certaine euphorie quand on voit les kilos qui fondent. Les diètes protéinées sont sans doute une des méthodes qui entraînent le plus dégâts sur les conduites alimentaires et qui finissent par vous faire grossir de cures en cures .
Alors que faire ? il faut cesser de faire la guerre aux aliments.
Si une personne grossit ou maintient son surpoids, c’est qu‘elle mange d’une façon générale au-delà de ses besoins sans avoir faim, soit en continuant à manger d’une façon régulière bien qu’elle n’est plus faim. Il n’est pas nécessaire de manger beaucoup pour cela car les besoins dépendent également de l’état des réserves.
Donc pour maigrir : ce n’est pas une question de choix d’aliments mais une question de savoir et comprendre à quelles fins on mange. La première étape : reconnaître et identifier les sensations régulatrices de faim et de rassasiement. Il faudra apprendre à identifier la faim véritable afin de pouvoir ressentir le moment où au cours du repas on a satisfait à la fois le corps et l’esprit. Car en mangeant sans avoir faim, on risque fort de manger sans fin. Ces apprentissages se font par des exercices pratiques que je fais faire soit au cours de l’entretien soit au domicile.
Un premier pas consistera à manger en dégustant
Essayez de faire des petites bouchées en utilisant par exemple des couverts à desserts. Essayez de penser a commencer à couper la nouvelle bouchée que lorsque vous aurez fini de déguster la précédente.
Que remarquez vous ?
Cet exercice n’est pas un système pour maigrir c’est une procédure d’apprentissage des sensations.
Plus un aliment est riche et aimé, plus il souhaitable de le manger en le dégustant de façon à en retirer toute la satisfaction possible.
Certains auront des difficultés à faire cet exercice. Il serait bon alors de s’interroger pourquoi vous mangez vite ?
Vous me répondrez habitude de travail. D’accord mais il faut aller plus loin. A-t-on peur qu’on nous vole l’assiette, qu’on vienne nous l’interdire ? Veut-on en avoir plus ? A-t-on peur d’avoir faim plus tard et bien d’autres questions ?
En mangeant plus doucement et en dégustant, qu’avez-vous remarqué ?
Que vous vous sentirez mieux avec des quantités plus faibles donc en mangeant moins !
Peut-être est-ce difficile de laisser ? Vous continuez à manger bien que vous n’ayez plus faim, pourquoi ?
Vous mangez peut-être par anticipation : on nous a tellement dit qu’il ne fallait surtout ne pas manger entre les repas que l’on finit par manger par anticipation ...
Parfois il est difficile d’arrêter car on mange comme si c’était la dernière fois ou comme s’il s’agissait d’un extra en pensant à se priver demain ; cette simple idée active des hormones et neuromédiateurs qui conduisent à manger plus. Ce ne sont que des exemples, l’analyse de vos conduites permet au cours des entretiens de définir ensemble des stratégies adaptées.
Durant toute prise alimentaire, il est souhaitable d’être centré sur la dégustation, certaines attitudes sont aptes à perturber les signaux de rassasiement. Je citerai : manger en regardant la télévision. On le dit bien moins que les injonctions du PNNS (5 fruits ou légumes, manger moins salé, moins sucré, moins gras) mais c’est pourtant le plus important. Manger en faisant autre chose : regarder la télé, naviguer sur l’ordinateur, lire fait manger plus font que l’on devient moins conscient de ce que l’on fait.
Mais sans doute cette vérité n’est pas bonne à dire et il est plus commode de culpabiliser en disant “ Vous ne mangez pas assez de ça, trop de ceci, pas au bon moment ... »
Mangez en faisant autre chose est dangereux, l’essentiel est de le savoir, un peu comme conduire sur une route verglacée est dangereux. L’important est de prendre des précautions à cet effet si on est obligé de le faire.
Il est difficile sur quelques articles de mettre en place un programme d’aide, rien ne peut remplacer les entretiens. Mais juste pour vous montrer ce qui fait la différence entre les approches que je propose et les classiques.
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