
Trois jours après le meurtre du petit Valentin, frappé à quarante-quatre reprises au moyen d'une arme blanche, à Lagnieu (Ain), les enquêteurs disposent désormais d'une trace matérielle les reliant au criminel. Jeudi, une première exploitation des multiples prélèvements effectués sur la scène du crime a permis d'isoler «une empreinte génétique inconnue de type masculin», selon le procureur de Bourg-en-Bresse, Jean-Paul Gandolière. Sitôt isolé, cet ADN a été versé au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) en vue d'une comparaison avec les nombreux profils déjà stockés.
Selon le procureur, l'empreinte suspecte a été établie à partir d'échantillons sanguins prélevés sur les vêtements de Valentin et laissés par une main inconnue sur une porte en bois de la rue Bramafan. En revanche, on ignore encore d'où proviennent les multiples traces de sang découvertes, sur plusieurs centaines de mètres, dans les deux rues principales de Lagnieu. Aux yeux des enquêteurs, il convient d'ailleurs de distinguer deux scènes de crime, que rien ne permet encore de relier formellement : la rue Bramafan, d'une part, où le corps de l'enfant ainsi que son vélo et ses sandales ont été retrouvés et, d'autre part, le reste de la ville.
Jeudi, tout au long de la journée, les enquêteurs de la section de recherches de Lyon, épaulés par plus de cinquante gendarmes de l'Ain, ont multiplié les vérifications dans divers quartiers de la ville. Dans l'après-midi, une perquisition s'est tenue au domicile de l'ami de la mère de Valentin à qui celui-ci avait été confié lundi soir, en présence des deux fils de cet homme qui ont par ailleurs été longuement entendus en qualité de témoin.
Dans le même temps, des techniciens en identification criminelle ont effectué des prélèvements dans une cage d'escalier de l'immeuble d'habitat social où prend fin la longue série de traces de sang qui débute dans le centre-ville. À ce même endroit, les gendarmes ont forcé jeudi soir la porte du domicile d'un homme âgé d'une vingtaine d'années qui, décrit par ses voisins comme régulièrement «agité», a été emmené dans les locaux de la brigade pour être entendu en qualité de témoin. «Nous continuons d'explorer de multiples pistes, a indiqué le procureur avant de préciser, les investigations menées jusqu'à présent indiquent qu'en l'état les proches parents de Valentin sont hors de cause.» Jeudi, dans la matinée, les deux véhicules qui avaient été saisis dans leur pavillon de Porcieu leur ont été rendus. En revanche, l'expertise de l'unité centrale de l'ordinateur familial se poursuit afin, notamment, de déterminer si l'enfant avait récemment pris contact avec des étrangers via Internet.
Dans les prochaines heures, des prélèvements biologiques devraient être effectués, par cercles concentriques, dans l'entourage de l'enfant et parmi les personnes qui l'ont croisé peu avant sa mort. Un marginal d'une cinquantaine d'années, qui a été interpellé et placé en garde à vue mercredi à Agen après s'être planté un couteau dans le ventre en tenant des propos incohérents sur le crime de l'Ain, a par ailleurs déjà subi un prélèvement d'ADN. Toutefois, les auditions menées en présence de deux enquêteurs lyonnais, descendus en urgence, semblent indiquer que cet homme ne se trouvait pas dans la région de Lagnieu au moment du meurtre.
Une marche silencieuse est prévue dimanche en mémoire du jeune garçon, dont les obsèques se tiendront lundi matin à Hières-sur-Amby. La mère de petit Valentin a appelé, jeudi sur France 5, le meurtrier de son fils à se rendre à la gendarmerie et à avouer son geste.
«Il y a un homme en liberté qui a tué mon fils, à coups de couteau. Donc ce que je voudrais lui dire : s'il vous plaît, livrez-vous à la gendarmerie, avouez ce que vous avez fait, je vous en prie. Faites-le pour moi, faites-le pour lui, faites-le s'il vous plaît», a déclaré la mère de Valentin dans une interview diffusée dans l'émission «C'est dans l'air». «C'est un homme ou une femme. À la base, il a été enfant, il a grandi, il est devenu adulte. Il a commis un acte affreux qui a plongé toute une famille en détresse, qui a plongé une mère qui ne se remettra jamais de la mort de son fils», a-t-elle encore dit, la voie étranglée par les sanglots.
» Un garçonnet ni plus ni moins turbulent que les autres
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