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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /Août /2008 07:23

Valentin : le suspect et sa compagne mis en examen




Par  J.B. - http://www.lefigaro.fr/

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Le cercueil du jeune Valentin, à la sortie de l'église d'Hières-sur-Amby.
Le cercueil du jeune Valentin, à la sortie de l'église d'Hières-sur-Amby. Crédits photo : AFP

Stéphane Moitoiret, poursuivi pour le meurtre de l'enfant de 11 ans, et Noëlla Hégo, accusée de non-empêchement du crime, ont été écroués.


Le principal suspect du meurtre de Valentin, 11 ans, tué le 28 juillet à Lagnieu, dans l'Ain, ainsi que sa compagne, ont été mis en examen mardi après-midi. Le premier, Stéphane Moitoiret, dont l'ADN a été retrouvé sur le corps de l'enfant, pour «homicide avec préméditation sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie». La seconde, Noëlla Hégo, «pour non-empêchement de la commission d'un crime, soustraction de preuves et non-dénonciation». Moitoiret encourt une «réclusion criminelle à perpétuité incompressible», a annoncé le procureur de Bourg-en-Bresse, Jean-Paul Gandolière. Sa compagne encourt une peine de cinq ans de prison.

Le couple de marginaux avait été interpellé dimanche en début d'après-midi en Ardèche après la diffusion par la gendarmerie d'un portrait robot. Placés en garde-à-vue pendant 48 heures au groupement de gendarmerie de Bourg-en-Bresse, où ils ont été interrogés séparément, ils ont été transférés mardi au palais de justice. Durant sa garde à vue, le principal suspect, âgé de 39 ans, a tenu des propos très incohérents, ont indiqué les enquêteurs.

En fin de journée, Stéphane Moitoiret a été écroué dans le Service médico-psychologique régional (SMPR) de la maison d'arrêt de Saint-Paul à Lyon. Noëlla Hégo doit être transférée vers la maison d'arrêt de Montluc à Lyon.

«Faire un incident»

S'il n'a pas reconnu devant les enquêteurs avoir commis ce crime, Stéphane Moitoiret l'aurait cependant avoué à sa compagne avant leur arrestation, et c'est elle qui a ensuite parlé aux enquêteurs, a expliqué mardi le procureur de Bourg-en-Bresse. Le 28 juillet, après avoir trouvé refuge dans la salle paroissiale de Saint-Sorlin-en-Bugey, une localité de l'Ain, située à quelques kilomètres de Lagnieu, Stéphane Moitoiret a décidé, selon les propos de Noëlla Hégo, de «faire un incident». Moitoiret est parti armé d'un couteau et il est effectivement rentré «couvert de sang, en disant à sa compagne qu'il venait de tuer un petit garçon». «C'est en pleine conscience qu'il s'est nettoyé, qu'il a lavé une partie de ses vêtements, qu'il s'est changé, et qu'il a placé toute sa tenue dans un sac de plastique», a souligné le procureur. Mardi, une trentaine de gendarmes recherchaient à Saint-Sorlin-en-Bugey et à Sault-Brénaz, une localité proche, l'arme qui a servi à tuer Valentin et les vêtements du suspect.

Des expertises psychiatriques devraient être rapidement menées pour déterminer le degré de responsabilité des deux marginaux et décider de la tenue ou non d'un procès.

Les enquêteurs ont par ailleurs saisi Interpol afin de demander aux états frontaliers de la France de vérifier si le meurtrier présumé a pu commettre d'autres crimes.

Émotion lors des obsèques de Valentin

Au moment même où le couple était transféré au palais de justice de Bourg-en-Bresse, plusieurs centaines de personnes assistaient à Hières-sur-Amby, dans l'Isère, aux obsèques de Valentin. La foule, trop importante pour prendre place entièrement dans la petite église de la commune, débordait largement sur le parvis et les rues entourant l'édifice religieux. Et c'est dans un silence pesant que le cercueil blanc du jeune garçon a gagné l'église. Des registres de condoléances avaient été disposés près de l'église et de la mairie du bourg où réside la grand-mère maternelle de Valentin. Les anonymes se pressaient autour de ces tables protégées du soleil par des auvents blanc, et sur lesquelles une photo de Valentin, souriant, était visible.

«Tu ne dors pas, non tu ne dors pas», a lancé le curé qui a officié à la cérémonie. «Quelque chose s'éveille et chante : ce sont les tiens», a-t-il ensuite ajouté, lors d'une prière d'offrandes composée pour l'occasion. Les personnes restées à l'extérieur ont pu suivre la cérémonie grâce à des haut-parleurs installés dans le centre bourg.

Trois quarts d'heure après le début de la cérémonie, le petit cercueil a été ressorti pour être placé au milieu de la chaussée, devant l'église, afin que les personnes n'ayant pu y pénétrer puissent lui dire un dernier adieu en le touchant de la main ou en lui adressant des baisers. De nombreux bouquets de fleurs blanches ainsi que des ballons blancs étaient disposés autour. Puis les parents, qui n'ont pas pris la parole durant la cérémonie, se sont approchés du cercueil. La maman s'est penchée en avant, lui chuchotant quelques mots avant de l'embrasser longuement, imitée peu après par le père de Valentin, en larmes. Après la cérémonie religieuse, l'enfant a été inhumé dans le caveau familial, dans l'intimité.

Nicolas Sarkozy a téléphoné mardi après-midi à la mère du petit Valentin, a annoncé l'Élysée. «Il l'a assurée de toute sa compassion et du fait qu'il avait personnellement veillé à ce que l'enquête se déroule de la manière la plus efficace et la plus rapide possible», a poursuivi le communiqué de la présidence.

» BLOG - Au nom de Valentin et de ses parents

» LIRE AUSSI - La loi de sûreté applicable au meurtrier présumé de Valentin

Publié dans : Infos du Monde - Communauté : La communauté pédagogique - Par willy et sandrine
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