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Ecole - Comment faire face aux violences scolaires ?



Par Romain Katchadourian - http://www.francesoir.fr/


La rentrée est l’occasion d’avoir les nouvelles chaussures à la mode ou le portable dernier cri. Autant de choses attirantes que certains s’empressent d’extorquer, traumatisant leurs victimes.


« Je me suis fait racketter il y a deux jours par trois jeunes alors que j’allais à un examen. Ils m’ont pris ma carte bleue et la monnaie que j’avais sur moi. J’ose même pas en parler à ma mère et c’est très dur pour moi. Ils doivent me rembourser les 50 euros qu’ils ont piqués. »

Des témoignages comme celui-là, Jeunes Violences Ecoute, qui propose une aide anonyme et gratuite aux victimes de violences quelles qu’elles soient, en reçoit plus de 410.000 par an. Si la part des appels concernant le racket diminue au fil des années – 13 % des témoignages en 2005-2006 contre 22 % en 2001-2002 –, les autres types de violences se multiplient. Et, mauvaise nouvelle, « elles tendent à se banaliser », indique Victor Silberfeld, responsable de l’association. « On observe une augmentation de la brutalité et certaines formes d’escalade dans les passages à l’acte ou de défoulement sur la victime », poursuit-il. Ainsi, en 2006, les violences physiques représentaient 46 % des appels, en hausse constante depuis 2001, les violences verbales 17 %, suivies par le racket et les agressions sexuelles.

Contre la disparition des preuves

Une des principales difficultés pour les jeunes persécutés est d’accepter leur statut de victime. L’évocation du mot lui-même est taboue. Il est synonyme de honte, d’échec, de culpabilité de ne pas avoir été plus fort que l’autre. C’est pour cette raison que beaucoup tardent à se faire aider. Dix pour cent des appels reçus concernent des faits qui se sont produits un an auparavant. Mais pour faire face à ces violences il est important de réagir rapidement, car les preuves disparaissent vite. Et dans ces affaires la preuve est primordiale. « Les traces d’un viol partent au bout de quelques heures, celles de coups au bout de quelques jours, souligne Victor Silberfeld. Il est également nécessaire de se faire aider assez vite pour ne pas que les choses s’installent, que le traumatisme prenne racine. »

Déculpabiliser la victime

La vingtaine d’écoutants de Jeunes Violences Ecoute travaillent à la fois sur un volet juridique et un volet psychologique. Suivant leurs besoins et leurs attentes, les appelants sont orientés vers les quelque 20.000 contacts de l’association susceptibles de leur apporter une aide. Cela peut être une maison de droit et de justice pour porter plainte ou un psychologue pour les soutenir moralement.

Jean Chambry, pédopsychiatre à l’hôpital de Bicêtre et intervenant pour l’association, parle des premières étapes de son travail avec les jeunes : « On essaye avant tout de mettre la personne en confiance, de la déculpabiliser. C’est très important pour, ensuite, qu’elle puisse parler. On l’écoute avant de poser les questions et d’orienter les questions. » Bien souvent, les victimes sont réticentes à l’idée d’aller voir un psychologue, pour ne pas être catalogué comme « fou ». Une des étapes est d’essayer d’identifier un adulte dans l’entourage de l’enfant avec qui il pourra parler et, à terme, aller mieux.

Jeunes Violences Ecoute : 0.800.20.22.23 (appel gratuit) et jeunesviolencesecoute.fr
Jeudi 4 septembre 2008
par willy et sandrine publié dans : Divers
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