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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 08:14
Rock you baby…

Par
Marie-Joëlle Gros - http://www.liberation.fr/


Business. Festivals et discothèques se lancent à l’assaut des petits.

Un festival rock qui se double d’un festival pour kids (6-10 ans) pour la toute première fois (Rock en Seine, le week-end dernier). Un musée branché qui ouvre une «baby disco» pour enfants de 3 à 7 ans, avec boule à facettes et canapés rouges molletonnés (Palais de Tokyo, sur réservation à partir du 15 septembre). Faut-il y voir une rentrée sous le signe du mimétisme, les minus voulant encore une fois tout faire comme les grands ? Pas sûr que ça marche dans ce sens.

On pourrait à l’inverse miser sur une offensive rock sur le monde des enfants. Avec, comme argument de vente, l’idée que la musique apaise les mœurs familiales. Qui oserait douter que partager le rock ou la passion du dance floor soude une relation parents-enfants ? On était donc au bord du haussement d’épaules quand on s’est aperçu que la même sauce est servie ailleurs qu’en France. Et qu’elle prend. Aux Etats-Unis, c’est le téléfilm Camp rock qui fait un carton (les aventures vocales et sentimentales d’une adolescente dans un campement rock), et va bientôt débouler sur nos écrans, ringardisant encore un peu plus les ados attardés de Fame.

Miniatures. En Grande-Bretagne, on n’est déjà plus à la fiction. Les festivals de musique pour teenagers semblent y devenir des microphénomènes de société. Accès interdit aux plus de 18 ans, mais parents tenus de déposer leurs enfants et de revenir les rechercher, alcool prohibé. Et pendant plusieurs jours, des enfants qui se métamorphosent en festivaliers miniatures, rompus aux scènes électrisées, une cannette d’Ice-tea à la main. Très Rock me baby.

Mais il y a encore plus fort : la family rock. En Belgique, l’affaire est entendue depuis quelques années déjà : quand on organise un festival pour grands, on soigne aussi la programmation dédiée à la graine de rockers. Parfois au prix de furieux casse-tête. Mais ça dégage du temps pour les parents-festivaliers et ça fournit des activités diversifiées aux centres de loisirs. Un exemple ? La «Werchter boutique», qui s’est tenue en juillet prêt de Louvain, partageait sa scène entre Tokio Hotel et Santana… «Une gamme pour toute la famille», souligne le site Internet des organisateurs. Avec un leitmotiv : «partager des centres d’intérêt, ne pas dériver chacun de son côté». Et comme il n’y a pas d’âge, en Belgique, pour aimer les festivals rock, on mise aussi sur les papis-mamies. Ainsi, l’organisateur d’un festival de musique alternative, Pukkelpop, en monte un autre pour seniors, Rimpelrock, avec cette année Paul Anka en guest-star. A croire que chaque membre d’une famille peut légitimement revendiquer un festival pour sa tranche d’âge. Mais pas les uns à Bayreuth et les autres à Woodstock.

Ferrer. En France, les organisateurs de festival rêveraient d’un destin belge. Histoire de précipiter les enfants le plus tôt possible dans la marmite du festivalier pour mieux les ferrer une fois grands. Les annonceurs aussi, en rêvent, tels Chupa Chups ou Coca-Cola qui ne ratent pas une manifestation pour minots.

Publié dans : Infos du Monde - Communauté : La communauté pédagogique - Par willy et sandrine
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