1.200 bébés chinois contaminés après avoir consommé du lait frelaté
Par Ségolène de Larquier - http://www.lepoint.fr/
Ce nouveau scandale sanitaire est d'autant plus embarrassant pour Pékin que c'est l'intervention de la Nouvelle-Zélande - dont le groupe Fonterra détient des parts dans Sanlu, le fabricant du
lait incriminé - qui a permis de retirer le produit toxique du marché chinois. © STR / AFP.
Après les raviolis aux pesticides ou le dentifrice à l'antigel, la Chine est de nouveau secouée par un
scandale sanitaire. Près de 1.253 nourrissons sont tombés malades et deux sont morts après avoir consommé du lait en poudre frelaté fabriqué par le groupe Sanlu. "340 sont hospitalisés, 53 sont
dans un état grave", a souligné le ministère de la Santé chinois en précisant que "jusqu'à 10.000 enfants ont pu ingurgiter le lait en poudre Sanlu". Le dernier bilan national faisait déjà état
vendredi de 432 enfants souffrant de calculs rénaux - une affection qui ne touche généralement que les adultes - après avoir bu du lait maternisé contaminé. La province rurale du Gansu, au
nord-ouest de la Chine, est au coeur de ce drame où deux bébés sont morts depuis jeudi. Une demi-douzaine d'autres provinces sont touchées, toutes dans le nord de la Chine où Sanlu fabrique et
écoule le lait incriminé vendu à prix attractif dans cette zone rurale.
"Sabotage "
Sanlu a admis que sa formule de lait pour nourrissons avait été contaminée par de la mélanine, un produit chimique utilisé dans la fabrication de plastique, colles ou résines. "Dans le cas présent,
il s'agit d'un sabotage du produit", a déclaré lundi Andrew Ferrier, directeur exécutif de Fonterra, déclarant qu'un tiers avait ajouté de la mélamine dans le lait fourni à Sanlu. La possibilité
d'une contamination durant la production, le stockage ou la vente a été exclue, a-t-il précisé. Le ministre de l'Administration chargé du contrôle de qualité, Li Changjiang, cité lundi par le
China Daily , a pour sa part estimé que l'adjonction de la substance toxique avait dû
se faire dans les laiteries collectant le lait - où 19 personnes ont déjà été arrêtées - plutôt que dans les fermes elles-mêmes.
Estimant qu'il s'agissait d'un "grave incident de sécurité alimentaire", le ministère de la Santé chinois a d'ailleurs ordonné à Sanlu, partiellement détenu par le géant néo-zélandais Fonterra, de
cesser la production du produit suspect. Quant à l'agence Chine Nouvelle, elle a précisé que le gouvernement avait pris toutes les mesures possibles pour retirer le lait contaminé de la vente dans
les régions éloignées, et des équipes médicales ont été envoyées dans les régions touchées pour aider les familles affectées.
Une contamination connue depuis août
Cette nouvelle affaire est d'autant plus embarrassante pour Pékin que c'est l'intervention de la Nouvelle-Zélande - dont le groupe Fonterra détient des parts dans Sanlu, le fabricant du lait
incriminé - qui a permis de retirer le produit toxique du marché chinois. Et Wellington ne s'est pas privée d'accuser les autorités locales chinoises d'avoir voulu étouffer l'affaire. Fonterra a
indiqué dimanche que la contamination était connue au moins depuis août et a précisé avoir plusieurs fois demandé à Sanlu de retirer de la vente son lait en poudre, mais ce n'est que la semaine
dernière que la compagnie chinoise du Hebei en a rappelé quelque 700 tonnes. "Au niveau local, je pense que la première tendance a été de tenter de couvrir l'affaire", a-t-elle ajouté. Toutefois,
ensuite, "Pékin a agi très vite", a déclaré le Premier ministre Helen Clark.
Les mères en Chine préfèrent en majorité nourrir leur nouveau-né avec du lait en poudre. En effet, dans les campagnes, beaucoup de jeunes mères doivent confier leur enfant juste après
l'accouchement à la famille afin d'aller travailler dans les métropoles et il existe un véritable matraquage publicitaire à la télévision sur les bienfaits supposés du lait en poudre.
Commentaires