L’Académie nationale de médecine réagit vigoureusement à la mise en examen (Ariège) pour exercice illégal de la profession de sage-femme d’une accompagnante (doula) après le décès d’un nourrisson qu’elle venait d’aider à mettre au monde.
Une doula, c’est en quelque sorte une accompagnante de la naissance. Apparue il y a une trentaine d’années aux Etats-Unis, cette « pseudo-profession » a débarqué en France en 2003. Depuis le phénomène prend de l’ampleur. Dans un rapport rendu public en juin 2008, l’Académie nationale de médecine estimait le nombre de doulas exerçant en France à 50.
Leurs rôles ? Logiquement « elles interviennent uniquement pour aider les futures mères, les soutenir tout au long de la grossesse », précise Marie-José Keller, présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes. « Mais le danger est que de plus en plus de doulas donnent des conseils médicaux et rompent la relation singulière entre le soignant et le soigné ».
La pratique des doulas n’a aucun statut juridique en France. Rappelons que le diplôme de sages-femmes est obtenu au bout de 5 années d’études. Quant à la formation proposée par l’association « doulas » de France, elle se déroule… en 25 jours. Cherchez l’erreur !
Accouchement à domicile ? Oui mais sécurisé !
En juin, les Académiciens avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur le danger des accouchements à domicile pratiqués par ces femmes. Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, l’Académie renouvelle ses réticences. Elle préconise « plutôt la mise en place de salles de naissance physiologique au sein des maternités ouvertes aux accompagnants familiers ou choisis, mais soumis à l’obligation de ne pas interférer dans les décisions médicales ». De son côté Marie-José Keller estime que l’accouchement à domicile est parfaitement légitime. A deux conditions. « Il est primordial de s’assurer que la future maman ne présente pas de risques particuliers et qu’il soit pratiqué dans des conditions optimales de sécurité ».
L’Académie et l’Ordre mettent en garde contre toute reconnaissance officielle de la formation et de la fonction des doulas. « Il n’est absolument pas nécessaire de légiférer sur les accompagnantes », souligne Marie-José Keller. Reste que de nombreuses futures mamans désirent être davantage accompagnées pendant l’accouchement et après la naissance. « Il faut entendre le désir des femmes qui est d’avoir un accouchement plus naturel, plus personnalisé. Pour cela, il faut davantage de sages-femmes ». Même son de cloche à l’Académie. « Il est nécessaire de renforcer les effectifs des sages-femmes, pour leur donner plus de disponibilités et leur permettre de mieux accompagner les femmes au cours de la grossesse, du travail et dans les suites de couches ».
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Je découvre cette article et je suis très déçue de voir que l'information est une fois de plus déformé par les médias. La femme incrimée n'était pas doula et possède un diplome de SF aux USA... Les doulas n'ont pas le droit de sustituer aux sages femmes, seules guarante de l'accompagnement de la maternité à tous les niveaux. C'est inscrit dans la chartre. Les doulas travaillent avec tous les acteurs médicaux ou souciaux pour que l'accompagnement des parents soient le plus responsable et informés possible.
De plus, il est facile d'orienter l'information... On ne parle pas de la mortalité maternelle lors des césariennes mais on s'empresse d'une histoire si triste pour démonrer une réalité en France : les parents devraient avoir le choix du lieu de la naissance de leur enfant lorsque la grossesse se passe bien et est accompagnée par un professionnel médical.
Paix à ce petit bébé surtout et beaucoup de courage à ses parents. Cela reste n'enlèvera pas la souffrence qu'est de perdre un enfant, quel que soit les conditions ou l'âge de l'enfant.