Certains biberons dangereux pour la santé ?
Par http://www.liberation.fr/
(Flickr/creativecommons/pm.raymon)
Une nouvelle étude conclut à la toxicité du Bisphénol A, présent dans des emballages alimentaires comme certaines bouteilles ou biberons.
Une étude publiée mardi aux Etats-Unis a rouvert cette semaine le débat sur la toxicité de certains composants présents dans les emballages alimentaires, comme les biberons, les bouteilles en
plastique, récipients pour fours à micro-ondes ou boîtes de conserve.
Au centre de la polémique, le Bisphénol A (BPA), un composé chimique utilisé pour fabriquer les emballages et qui peut migrer dans les aliments sous l'effet de la chaleur. Or le BPA, selon
certaines études, perturberait le système hormonal.
L'étude publiée mardi dans le
Journal of the American Medical
Association (JAMA) établit pour la première fois un lien entre des niveaux urinaires élevés de BPA et un accroissement de 39% en moyenne du risque de maladies cardiovasculaires,
de diabète et d’anomalies hépatiques chez les humains. Cette recherche, sur 1.455 Américains âgés de 18 à 74 ans, est la plus étendue à ce jour sur les effets du BPA sur la santé humaine.
Saisie de la question, l'agence américaine des médicaments (FDA), a pourtant conclut à deux reprises, en août et ce mardi, que cet agent chimique était sans danger. Mardi, après avoir entendu
l'avis d'experts, la FDA a considéré qu'il existait
«une marge de sécurité suffisante avec les niveaux actuels de BPA pour protéger les consommateurs, y compris les nouveau-nés et les
enfants». Les autorités européennes avaient abouti à la même conclusion en juillet.
Conséquences sur le cerveau
La décision de la FDA suscite depuis août de nombreuses critiques dans la communauté scientifique et les groupes de protection des consommateurs. Ces derniers accusent l’agence d’ignorer les
résultats d’études sur des animaux montrant que le BPA à faibles doses peut provoquer chez les très jeunes des changements dans le cerveau, la prostate, les glandes mammaires et modifier l’âge de
la puberté des femelles.
Des toxicologues des Instituts nationaux américains de la santé (NIH) sont allés dans ce sens, exprimant dans
un rapport publié début septembre leurs
«inquiétudes» quant aux effets des doses actuelles de BPA dans de nombreux
emballages alimentaires.
Bientôt interdit au Canada
Ces experts, s’appuyant sur les études animales, citent les effets potentiellement néfastes sur le développement de la prostate et du cerveau des fœtus et des nouveau-nés. Le BPA perturberait
l’œstrogène, hormone jouant un rôle clé dans le développement du corps.
Les défenseurs des consommateurs ont exprimé l’espoir que la FDA tiendrait compte de ces études, soupçonnant l’agence de s’appuyer sur les informations des industriels.
Aux Etats-Unis, des démocrates au Sénat ont présenté un projet de loi au printemps pour interdire le BPA dans les produits destinés aux enfants, à l’instar de parlements d’Etats comme la
Californie et le Maryland. Quant au gouvernement canadien, il
a annoncé en
avril son intention d’interdire les biberons contenant du BPA.
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