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KABOUL (AFP) - Elaha, une petite Afghane de 13 ans, n'avait plus que quelques années à vivre à cause d'une malformation cardiaque, mais la première opération à coeur ouvert de l'histoire de l'Afghanistan, réalisée par une équipe française, lui a redonné la chance de mener une vie normale.
Mardi, moins de 24 heures après une intervention qui a duré plus de quatre heures et s'est déroulée sans incident, Elaha dormait paisiblement sous l'oeil attentif de sa mère, Najeeba, dans la salle de réanimation du nouvel hôpital de l'ONG française Enfants Afghans, à Kaboul, où elle a été opérée.![]() |
Encore branchée sur un moniteur cardiaque, un goutte à goutte dans le bras, et un écureuil en peluche à ses côtés, l'adolescente devait pouvoir sortir de "réa" dès mardi.
Il s'agit d'une première médicale dans l'un des pays les plus pauvres du monde où les structures de santé publique ont été durement éprouvées par 25 ans de guerre et ne permettent pas ce type d'intervention."La valeur symbolique écrase tout l'aspect technique. On sait ce que c'est le premier coeur ouvert de l'histoire de l'Afghanistan, j'ai fait mon enquête", lance fièrement Alain Deloche, grand chirurgien cardiaque français et routier de l'humanitaire. Il préside depuis 1995 la Chaîne de l'Espoir, une ONG française spécialisée dans l'humanitaire médical, dont dépend le programme Enfants Afghans.
Elaha est née avec sa malformation cardiaque. "C'est une malformation de naissance, c'est à dire que normalement il y a des cloisons entre les oreillettes et là il n'y a plus de cloison, c'est donc une fille qui était condamnée à deux trois ans à peu près", explique le professeur Deloche. En France, "c'est une intervention des plus classiques", reconnaît le chirurgien. Il y en a entre 800 et 1.000 par an du même type, mais elles se font sur des bébés de deux ans tout au plus. Alain Deloche est un des six Français à avoir participé à cette première, sous la houlette du docteur Daniel Roux, chirurgien cardio-vasculaire à l'Hôpital de Rangueil à Toulouse, dont l'équipe assure actuellement une rotation à l'Institut Médical Français pour l'Enfant. Un chirurgien, un anesthésiste et deux infirmiers afghans étaient également dans le bloc opératoire. Le choix de l'équipe s'était d'abord porté sur un petit garçon, mais la mère a refusé. "Le coeur, c'est un choc culturel. Quand on a dit à la première famille qu'on allait faire une cicatrice là, la mère a dit +on n'opère pas mon enfant+. Mais ça partout, au Cambodge, c'est pareil dès qu'on parle de sang, de cicatrice", raconte Alain Deloche. Une crainte que ne partageait pas Najeeba, 32 ans, malgré l'opposition de la famille. C'est un médecin qui lui a suggéré de venir à "l'hôpital des Français", qui sera officiellement inauguré samedi par Bernadette Chirac, très impliquée dans ce projet depuis que l'idée en a été lancée fin 2001. Initialement prévu pour être "l'hôpital de la mère et de l'enfant", l'Institut Médical Français pour l'Enfant se concentre désormais sur la pédiatrie et une centaine d'enfants y ont déjà été opérés depuis novembre dernier. Enfants Afghans est responsable de tout l'aspect médical du programme alors que la gestion, le fonctionnement et une bonne partie du financement de l'hôpital, ont été pris en charge au début de l'année par une fondation de l'Aga Khan.
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