La sécurité de vos enfants à l’école ? Vous en préoccupez-vous autrement qu’en paroles ? Avez-vous visité une seule fois le collège ou le lycée de votre enfant ? Toutes ces
heures, ces jours, ces mois de son existence, qu’en savez-vous ?
J’ai été surveillant, sans cela jamais je n’aurais pu faire d’études... À l’époque c’était un vrai boulot avec ma foi, un vrai salaire. N’importe qui n’y accédait pas. Il fallait
absolument réussir aux examens, sinon, passé un délai fixé... plus de poste ! Beaucoup de paperasse, des bulletins, des contrôles d’absences, de retards, avec à chaque fois la lettre aux
parents. Bien avant les ordinateurs, il fallait mieux être lisible.
La nuit, les dortoirs, précédés des études du soir obligatoires. La surveillance des cours de récréation, des réfectoires, des halls, des allers et venues dans les couloirs, les escaliers et la surveillance des heures de permanences. Une règle : pas un élève sans un responsable adulte en vue. L’école était un lieu de sécurité et de travail...
Dire que ça a bien changé est une litote. En matière de sécurité, un point de non-retour a été atteint que les ministères, les administrations, les bureaucraties syndicales, et les dirigeants de fédérations de parents d’élèves connaissent car ils l’ont édifié en commun.
« Tant mieux , sont pas là pour s’amuser ! »
Les années 70 ont vu disparaître dans les lycées et collèges une récréation sur deux ainsi que pas mal d’ouvertures d’internat. Réaction du beauf de base : « Tant mieux, sont pas là pour s’amuser ! » Parlons des récréations...Voir un emploi du temps
Le changement de cours entre la première et la deuxième heure est devenu "instantané"... Sur l’organigramme des établissements, des rectorats comme du ministère... l’enfant passe en une seule
seconde d’un cours de français dans une salle A à un cours de sciences naturelles dans une autre salle H à l’étage en dessous.
Attention à tous, je ne parle pas de la vraie « récré » de 10 heures qui dure un petit quart d’heure de 10 minutes...
Horaires des cours du lundi, mardi, jeudi et vendredi :
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MATIN
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APRES - MIDI
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Première sonnerie (Rassemblement)
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8H10
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Première sonnerie (Rassemblement)
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13H20
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Deuxième sonnerie (début des cours)
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8H15
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Deuxième sonnerie (début des cours)
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13H25
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1ère heure de cours
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De 8H15 à 9H10
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1ère heure de cours
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De 13H25 à
14H20
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2ème heure de cours
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De 9H10 à
10H10
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2ème heure de cours
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De 14H 20 à
15H 20
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Début de la récréation
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10H10
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Début de la récréation
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15H20
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Première sonnerie (Rassemblement)
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10H18
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Première sonnerie (Rassemblement)
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15H28
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Deuxième sonnerie (début des cours)
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10H20
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Deuxième sonnerie (début des cours)
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15H30
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3ème heure de cours
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De 10H20 à
11h15
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3ème heure de cours
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De 15H 30 à
16H 25
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4ème heure de cours
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De 11H15 à
12H15
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4ème heure de cours
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De 16H 25
à 17H 25
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Il est un instant magique, une parenthèse enchantée, où le temps et les distances disparaissent... Ce n’est pas de la science-fiction. Administrativement, vos enfants se rendent d’un point à
un autre en une seule seconde. Avant la sonnerie, ils doivent être ici, après la sonnerie ils doivent être ailleurs. Qui, « quel adulte » assure la surveillance de ces
élèves en transit...
Personne !...
Des milliers de postes de surveillants ont été supprimés grâce à cette réforme... Oui mais, direz-vous il y a bien un surveillant au bureau de la vie scolaire là-bas, bureau du
« Surge » de mon temps, du Conseiller principal d’éducation du vôtre... Ce surveillant, pas d’illusion, sa tâche est précise, minutée, encadrée, il doit surveiller le matériel
informatique et répondre au téléphone... Ne cherchez pas ! Depuis trente ans, des escaliers, des couloirs, voire les précipices des cages d’escaliers ou des galeries en surplomb sont les
lieux où consciemment, délibérément on prévoit que les enfants circulent sans aucune surveillance...
La protection ?
Le règlement intérieur : les élèves doit se rendre sans attendre d’une salle à l’autre.
4 fois 5 minutes ont disparu. Ce n’est pas grand-chose n’est-ce pas, ce fut suffisant pour faire disparaître des milliers de postes. Ces inter-classes sont le sujet tabou, la question interdite.
Si vous posez la question au chef d’établissement de votre enfant attendez-vous à bien des surprises.
Mais revenons à ces élèves qui se déplacent sans aucune surveillance... Qui en parle ?
C’est la roulette russe de l’Éducation nationale.
Je vous vois venir. Mais les profs ? « Ton prof qu’est-ce qu’il fait ? »
Mais c’est bien sûr, le prof ! Si ce dernier a deux heures de suite d’enseignement. Deux cas se présentent.
Le saviez-vous chers parents ?
Vous ne me croyez pas ? C’est votre droit. Renseignez-vous.
Quelques-uns parmi vous ont-ils une fois vu se déplacer une classe de 5e dans un couloir... ? Plusieurs à la fois dans le même couloir... ! Mais il y a mieux, mais il y a pire. C’est quand le prof, lui, doit changer de salle. Attention accrochez-vous.
Le professeur doit veiller à faire cours jusqu’au dernier moment de sa première heure. Attention à ne pas sortir de la salle A avant la sonnerie. Vous devriez connaître ces délicieux chefs d’établissement dont la compétence pédagogique excelle à veiller à ce que « leurs » enseignants ne sortent pas trop tôt. Non mais ! Les auxiliaires et les stagiaires ont tous eu un patron de cette variété... Si ce n’est lui c’est son frère qui, lui, veille à ce que « ses » enseignants n’arrivent pas trop tard dans la salle B à 50 mètres à l’étage du dessus. Sur le papier, et en droit, M. Dupont professeur d’anglais ou de maths est responsable de la classe de 4e jusqu’à la sonnerie puis responsable de la classe de 5e à partir de la même sonnerie... Vous avez bien lu. Vaut mieux rester dans la même salle. Car avec le dico, la carte, le grand rapporteur c’est joué d’avance, vous avez toujours tort.
L’exprimer ouvertement est maladroit, le dire publiquement est une faute qui compromet gravement le changement d’échelon. On saura vous le faire payer.
Dans ces conditions un aparté avec un élève qui le souhaite, le ramassage d’un feutre, d’un KWay ou d’un livre oublié... mauvais plan. On vous attend ailleurs.
Eux, même jeunes, le savent très bien.
Il est des gens parfaitement au courant de ces ubuesques dysfonctionnements. Ce règne du n’importe quoi et de l’impunité. Quelle formation par l’exemple ! Ils en sont les témoins ou les
malheureux acteurs pendant des années. Ce sont vos enfants. Leur vie se prépare et se décide dans ces conditions.
Holà chers parents, si prompts à rappeler les devoirs de "ces fonctionnaires trop payés",
Vous qui viendrez vous plaindre des accidents, violences,
voire rackets... sans vous être jamais souciés des conditions de vie réelles de vos enfants dans les écoles... Certains établissements sont tellement étendus, tellement biscornus, qu’ils
fourmillent de coins et recoins hors contrôle. Établissements publics ou privés, les zones de non-droit, les enfants les apprennent à l’école. Bien sûr aucun chef d’établissement n’est au
courant, absolument aucun... Enfin ils font comme si. Car ils savent très bien que ces 4 fois 5 minutes qui ont été ôtées sont parties dans le même panier que les heures et les postes de
surveillance.
Une bousculade, une fracture, une bagarre... C’est à qui se refilera la patate chaude... ou le bâton merdeux. Comme leur carrière ne se bâtit plus exactement sur la solidarité dont ils font montre avec leurs adjoints, vous comprendrez certains propos étonnants entendus à la téléradio lors de crises dans les lycées et collèges. Ce qui était fluide et allant de soi a été délimité et caporalisé par des ministères de tout bord politique. L’adulte prenant sa responsabilité d’éducateur est un adulte en danger de désaveu par sa hiérarchie quand ce n’est pas d’un stage formateur de garde à vue à la gendarmerie.
Aussi le temps s’enfuit où des profs ardents et enthousiastes conduisaient leurs classes au cinéma ou au théâtre, à une visite d’usine ou de chantier, assurés d’être couverts par leur hiérarchie, au grand regret de parents inquiets de la formation de leurs enfants. Vous comprendrez que plus la classe est pénible et/ou vandale, moins elle va au cinéma ou au théâtre... Bien sûr ils sont encore nombreux ceux qui acceptent de s’entendre traiter de feignants par des parents reconnaissants, mais ceux qui acceptent d’être traînés au commissariat pour avoir réagi spontanément le sont beaucoup moins. L’affaire des institutrices de l’Isère est une épée de Damoclès au-dessus de tout enseignant trop dévoué...
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