Pénible, ce silence illustre les obstacles auxquels sont confrontées les victimes et leur avocat dans cette affaire à l'origine du décès officiel de quatre nourrissons.
Parmi les avocats qui se sont portés volontaire pour tenter d'aider les familles des victimes, plusieurs ont fait état de pressions de la part des autorités pour leur faire lâcher
prise.
"Il semble que les cours n'accepteront aucune plainte individuelle, car l'affaire requiert une solution collective, a expliqué au South China Morning Post Ma Jun, un avocat du Lanzhou. Soit le
gouvernement gère les compensations au niveau politique, soit nous devrons considérer une action collective."
Encore faut-il qu'ils le puissent... Paysans expropriés, parents d'enfants décédés dans les écoles effondrées dans le tremblement de terre, autant d'exemples qui montrent que la justice chinoise
est passée maître dans l'art de museler la moindre revendication collective, terrifiée à l'idée qu'elle puisse dégénérée en agitation sociale.
L'essentiel est de maintenir en surface l'illusion. La semaine dernière, le premier ministre Wen Jiabao présidant une réunion du Conseil d'Etat a appelé les officiels à tirer "les leçons" de ce
scandale et promis des peines sévères pour les fautifs.
Des menaces qui ne semblent pas inquiéter pour l'instant les plus hauts échelons. Le 12 octobre dernier, soit un mois après les premières révélations, les responsables des trois plus grandes
compagnies laitières chinoises - Mengniu, Yili and Bright Dairy - ont présenté pour la première fois leurs excuses publiques lors d'un show télévisé sur la CCTV.
Que les consommateurs se rassurent, le prix de leurs produits n'augmentera pas en dépit de l'augmentation du coût des contrôles de qualité, ont-ils ajouté de concert.
Par Mathilde Bonnassieux - http://www.aujourdhuilachine.com/
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