Mardi 4 novembre 2008
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En l'espace d'un mois, trois meurtres de professeurs commis par des élèves dans des écoles et universités de Chine ont défrayé la chronique. Seul remède pour les officiels : encourager le retour
aux valeurs morales.
De sombres histoires ont alourdi l'atmosphère des universités et écoles chinoises ces derniers jours.
Dernière en date, le meurtre de Cheng Chunming, professeur de droit à l'Université de sciences politiques et de droit de Pékin, frappé à mort en plein séminaire le 28 octobre par un étudiant de
quatrième année.
Celui-ci a avoué les faits mais son geste demeure à ce jour inexpliqué.
Plus tôt dans le mois, un élève de 16 ans poignardait son professeur dans un collège du Shanxi (Est), tandis qu'un autre du même âge étranglait son maître dans la province du Zhejiang.
Intervenant dans la foulée de ces affaires mais sans les mentionner explicitement, un haut responsable chinois a appelé le 2 novembre à un renforcement de l'éducation morale et idéologique de la
jeunesse.
"Une attention particulière doit être accordée aux enfants et à leur évolution en tant que successeurs de la cause socialiste", a annoncé Li Changchun, membre du Bureau politique, à l'occasion
d'une conférence sur l'éducation morale des jeunes à Hangzhou, près de Shanghai.
Preuve que l'idéal socialiste n'est jamais bien loin. L'éthique de la jeunesse est "étroitement liée au futur et au destin de la nation, à l'intérêt public et à l'harmonie sociale", a-t-il
ajouté.
Même son de cloche un peu plus tôt dans la bouche d'un officiel du ministère de l'Education. "Il est nécessaire d'améliorer l'éducation morale et l'assistance psychologique dans les écoles
primaires et les collèges pour favoriser la santé mentale des élèves", a souligné Wang Dinghua, cité dans le Beijing News du 28 novembre.
Mais le responsable a surtout insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité des professeurs, déplorant que l'amendement apporté le mois dernier au "Code d'éthique professionnelle des
professeurs d'écoles primaires et secondaires" ne mentionne que la protection des étudiants et non celle des professeurs.
Reste que ces discours demeurent flous et dénués d'engagement.
Sans compter que le problème se situe peut être ailleurs, comme le rappelle le blogueur Beijing Calling. Pour lui, ces excès de violences résultent moins d'un défaut de moralité que des pressions
qui pèsent sur les élèves issus de la politique de l'enfant unique. Ceux-là n'ont pas le droit d'échouer.
Selon les statistiques du ministère de la Santé, entre 22 et 32% des 340 millions d'enfants de moins de 17 ans souffrent de troubles de la personnalité.
Par Mathilde Bonnassieux - http://www.aujourdhuilachine.com/