Barack Obama est élu
président des Etats-Unis d’Amérique. Pour le dire autrement, la plus grande puissance mondiale est dirigée par un Noir.
Ce n’est pas souvent que la jeunesse de banlieue s’intéresse à des élections hors de l’Hexagone. Son intérêt pour nos élections est déjà assez faible, alors celles d'outre-Atlantique, inimaginable !
Et pourtant, cette élection a été vécue intensément aux quatre coins du monde et dans toutes les couches de la société, même en banlieue, surtout en banlieue. Barack Obama est devenu le symbole d’une jeunesse française en mal de héros qui lui ressemble.
La France manque de ce genre d’icônes adorées des plus jeunes. Les enfants de banlieue se sentent déjà assez exclus géographiquement et culturellement. En France la différence est souvent stigmatisée dans les séries télévisées et/ou films par des caricatures de Noirs et d’arabes de cité qui jouent les illettrés ou les délinquants juvéniles. Je pense au film Entre les murs qui a fait l’objet d’un précédent article ou encore au clip vidéo du groupe de musique Justice quelques mois plus tôt.
A l’inverse, les Etats-Unis qui traversent aussi de grandes difficultés d’intégration des «minorités ethniques» n’hésitent pas, et cela depuis quelques années, à mettre en scène des présidents
noirs dans des séries télévisées comme 24 ou des films comme Deep Impact avec Morgan Freeman dix ans plus tôt. Certains disent aujourd’hui que cela a préparé l’opinion à la
percée d’un Noir à ce poste.
En France, en regardant la télévision, on ne prépare à rien les Français, à part à se vautrer dans les caricatures de banlieusards, caricatures qui persistent encore et toujours. J’en ai encore
vécu moi-même récemment l’amère expérience.
Qu’est ce qui bloque en France, pays des droits de l’homme, de l’égalité et de la fraternité ? La sous représentation de la diversité est flagrante dans nos institutions politiques. Les partis politiques seraient-ils plus arriérés que la population française ? Ou est-ce un témoignage de la relégation de cette partie de la France ?
J’ai été surprise de l’engouement d’adolescents de Clichy-sous-Bois le matin du 5 novembre dans le bus qui nous amène à la gare RER : ils recevaient des textos de leurs amis qui exprimaient leur joie après la victoire de Barack Obama.
Je pense que c’est ce qui manque à notre jeunesse. Ils ne peuvent plus se contenter de Zinedine Zidane, Jamel Debbouze ou Diam’s pour les représenter en tant que banlieusards ou fils et filles d’immigrés qui réussissent. Ils ont besoin de Rachida Dati, Rama Yade, Harry Roselmack et autres Barack Obama à la française…
Par Nadera Massoma - http://jourstranquilles.blogs.liberation.fr/
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