Cela va bientôt faire un an que son fils n'a plus donné signe de vie. Cet anniversaire pas comme les autres, Marie-Claire Talleu voulait absolument le passer en Inde. "Nous avons un visa de 6
mois et pas de billet retour. Il est probable que nous restions plusieurs mois. Je me sens mieux ici car je peux être active sur le terrain", explique cette maman qui revient pour
la deuxième fois en Inde sur les traces de son fils. Cette fois, son mari est du voyage. "Il ne croyait pas trop à l'efficacité d'une telle démarche, mais maintenant il commence à y
croire".
Marie-Claire et son mari habitent chez Sœur Thérèse, une religieuse française, qui anime un atelier de broderie à Pondichéry. Il était prévu que Jean-Baptiste, catholique fervent, aille la
rencontrer "mais sœur Thérèse ne l'a jamais vu". Marie-Claire se sent bien dans ce quartier paisible, dans cette Inde moins effrayante que Mumbai. Le couple prend des cours d'anglais trois
heures par jour pour pouvoir mieux communiquer avec les Indiens dans leurs recherches.
Ils ont déjà exploré la piste Pondichéry. Un touriste leur avait signalé avoir vu un voyageur à vélo dans une guest-house de la ville. Son témoignage est sérieux et sincère, mais il n'y a pas le
nom de Jean-Baptiste sur le registre. "Il arrive que les propriétaires d'hôtels ne demandent pas les passeports pour se mettre l'argent directement dans la poche", espère Marie-Claire
Talleu.
Autre piste à explorer dans les prochaines semaines : le Kerala. Grâce à un reportage télévisé diffusé en France, un couple franco-indien affirme avoir reconnu Jean-Baptiste. Ce couple aurait
croisé le jeune homme plusieurs fois sur une plage de Varkala en février-mars dernier. Marie-Claire et Pierre Talleu vont donc descendre jusqu'au Kerala suivre cette piste qui leur redonne plein
d'espoir.
Ces investigations personnelles sont d'autant plus importantes que l'enquête policière est au point mort. La Commission Rogatoire
Internationale (CRI), nommée en mai dernier n'a toujours pas obtenu le feu vert des autorités indiennes. Les policiers français ne peuvent donc toujours pas se rendre en Inde pour enquêter.
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