Mercredi 19 novembre 2008
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Les avocats volontaires qui avaient aidé les parents à rassembler des preuves en vue de dédommagement dénoncent le silence de Pékin.
Tout est bloqué localement, les tribunaux refusent d'enregistrer
les plaintes. Toutes les juridictions attendent des
directives du Pouvoir central, mais plus de deux mois après les faits, les questions des parents des victimes sont toujours sans réponse, aucun dédommagement n'a été prononcé.
Des victimes qui d'ailleurs ne sont pas forcément recensées. Officiellement,
4 bébés sont morts et 50 000 ont eu besoin de
soins.
Mais comme le scandale n'a été révélé que de nombreux mois après la découverte de la contamination du lait, avocats et docteurs s'accordent à penser que les victimes non recensées sont
nombreuses.
Associated press a enquêté et rencontré cinq familles dont le bébé décédé n'a pas été compté parmi les
victimes du lait.
Ils ont pourtant tous été nourris au lait en poudre Sanlu ou autre, et sont décédés d'insuffisances rénales induites par des calculs.
Or, d'après un pédiatre néphrologue interrogé par AP, les calculs et insuffisances rénales sont très rares chez les enfants en bas âge.
Mais les bureaux de santé locaux n'osent pas se prononcer et déclarent aux parents attendre la réponse de leur hiérarchie.
D'après le site « China human rights defenders », un journaliste de Radio Free Asia a tenté d'interroger le département en charge du problème du lait au Ministère de la santé mais les
fonctionnaires ont refusé de répondre.
Aujourd'hui, les parents gardent précieusement les preuves, sacs vides de la poudre maudite et liasses de relevés médicaux, en attendant une improbable justice.
Par Charlotte Cailliez - http://www.aujourdhuilachine.com/