Un kilomètre par jour, c'est ce qu'a imposé le ministère de l'Education chinois aux élèves du primaire pour contribuer au 60ème anniversaire de la République Populaire de Chine. Une initiative fortement décriée depuis l'arrivée de l'hiver.
Pour commémorer le 60ème anniversaire de la République Populaire de Chine dont le coup d'envoi a été donné 1er octobre dernier, le ministère de l'Education a décidé de faire participer les élèves
en ajoutant la course à pied aux programmes scolaires.
Le principe est clair : d'ici avril, chaque élève devra avoir parcouru une distance multiple de 60, soit 120 km en primaire, 180 km au collège et 240 km au lycée et à l'université. Ce qui
équivaut respectivement à 1000, 1500 et 2000 mètres à parcourir chaque jour.
Mais avec l'arrivée de l'hiver, cette campagne lancée début octobre pour dynamiser à la fois le patriotisme et la santé des jeunes générations est aujourd'hui l'objet d'une vive controverse de la
part des élèves, parents et professeurs.
Pour certains, cette mesure ne fait qu'empiéter sur le temps d'études. Pour d'autres, c'est son caractère obligatoire qui est inacceptable.
"Chaque école et même chaque élève a le droit de choisir. Demander aux étudiants de tout le pays de courir est le signe d'une mauvaise éducation, dont le propre est d'être libre", dit ce
commentaire sur un blog, traduit sur le site du quotidien anglais The Guardian.
Il faut dire que la controverse n'est pas nouvelle. En octobre dernier, le "marathon hivernal" avait déjà déclenché une vive polémique après qu'un élève d'un collège de Haidian à Pékin ait trouvé
la mort pendant qu'il courait 1200 mètres.
Selon le Beijing News de l'époque, les causes du décès demeuraient mystérieuses. Mais plusieurs parents avaient pointé cette initiative du doigt, l'accusant de privilégier la politique sur la
santé des élèves et de ne pas tenir compte des conditions physiques de chacun. Les autorités de Pékin avaient également interdit aux écoles de faire courir leurs élèves dans la rue suite à des
accidents dans le reste du pays.
Face à ses échos négatifs, le ministère de l'Education était finalement sorti de sa tanière pour rappeler lors d'une conférence de presse le 9 octobre que la "course sportive ensoleillé" - nom
donné à cette campagne - était seulement une recommandation, et non une obligation, afin de pousser les élèves à réaliser leur objectif.
L'initiative n'est toutefois pas si surprenante. Habitué des campagnes d'incitation, le Ministère a récemment tenté d'imposer la danse mixte puis l'opéra de Pékin dans les cursus scolaires, avant
de faire machine arrière dans les deux cas devant le tollé déclenché.
Par Mathilde Bonnassieux - http://www.aujourdhuilachine.com/
<
Clic au centre du player
pour ecouter la radio !