COUCHES LAVABLES. Le marché se développe autour de quatre fabricants français, dont un bordelais. Celles et ceux qui ont essayé sont emballés
Franchement, vous imaginez les femmes revenir aux méthodes de grand-mère ? « D'ailleurs, ma grand-mère me disait bien que j'avais une sacrée chance d'avoir les Pampers, parce que dans son temps, les langes, c'était la galère. Le linge à plier en quatre, les épingles de nourrice, et tout et tout... », sourit Anne Devaureix, jeune mère de Bordeaux, convertie aux couches lavables au deuxième enfant, à la suite de discussions sur des forums consacrés à la maternité.
« Attendez, on a quand même la machine à laver aujourd'hui ! », tempête Bénédicte Gros, fondatrice d'eco-bébé.com avec Sébastien Robin, son conjoint, un site Internet bordelais qui promeut les couches lavables. Avec de plus en plus de visites, mais aussi un essor des ventes sur sa sélection (1). « Quand on écoute les gens, on dirait qu'on est sale, qu'on a les mains dans le caca. On place tout de même sous les fesses du bébé un voile qu'on retire au moment du change et qu'on jette aux toilettes ! Il y a encore pas mal d'idées fausses à combattre... »
Des modèles craquants
« Pour avoir fait les deux, jetables puis lavables, je trouve que ce n'est pas plus compliqué. Le confort reste le même, assure Anne Devaureix. Finies les ruptures de stock et les descentes en urgence au supermarché. En plus, il y a des modèles vraiment tout doux et craquants. »
Ainsi, les bobos écolos (qui sont tout sauf des adeptes du lavoir, soit dit en passant) ne seraient donc pas les seuls à dire stop à la société du jetable. Non, des gens « normaux », qui n'ont pas forcément la « culture bio », se poseraient aussi des questions : « Avec la baisse du pouvoir d'achat, une économie de 1 000 euros, ça donne matière à réflexion ! L'essor de la couche lavable tient à la convergence de deux intérêts : faire des économies et protéger l'environnement. » « Un cercle vertueux », selon Marie-Elmège Legros, créatrice de Maman Pelican (2).
Installée à Talence, cette petite boîte qui monte est née en 2005 avec l'ambition de se positionner en tant que fabricant sur le marché français, alors désert. 100 couches vendues la première année, mais sans doute 10 000 en 2009, Maman Pelican a commencé petit : « J'ai fabriqué une vingtaine de couches pour ma fille, avant de monter l'entreprise. En voyageant au Québec, j'ai vu que tout le monde en avait. Mais, en France, personne n'y croyait. Les banquiers me raccompagnaient vers la sortie : pas de place pour des produits "exotiques" »...
La demande explose
Aujourd'hui, ce sont eux qui démarchent Maman Pelican, devenu l'un des quatre fabricants français. Dans le microcosme de la couche lavable hexagonale, « on a toutes la même histoire : un bébé puis la création d'une entreprise ! Rapidement, on a vu arriver les couches lavables indiennes et chinoises, on a réussi à les stopper grâce à nos brevets », raconte Marie-Elmège.
Si le créneau de la fabrication semble maintenant saturé par le dépôt de nombreux modèles, les points de vente vont considérablement se développer. La demande explose et promet une croissance fulgurante aux fabricants français. Ils ne sont encore qu'une épine dans le pied des fabricants de couches jetables qui enregistreraient 600 millions d'euros de bénéfices annuels. Mais ces derniers génèrent aussi des coûts cachés, aux frais de la collectivité : autour de 3 millions de tonnes de déchets.
(1) www.eco-bebe.com va sortir sa propre couche lavable en partenariat avec Maman Pelican. info@eco-bebe.com.
(2) www.maman-pelican.com va ouvrir une boutique à Talence et développe aussi une ligne de vêtements bio pour bébé. contact@maman-pelican.com.
Par Priska DucOEurjoly - http://www.sudouest.com/
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