Il y a 2 ans les experts français n’avaient pas recommandé la vaccination des nourrissons contre les rotavirus* mais avaient annoncé qu’ils réexamineraient la
situation 2 ans plus tard. L’échéance est là et on peut s’attendre une évolution de leur position en faveur de cette vaccination alors que les critiques contre elle avaient été sévères et
paraissaient définitives.
De plus, ces vaccins ne sont actifs que contre seulement certains des virus responsables de ces diarrhées et qu’ils ne dispenseront donc pas de recourir aux solutés. D’autant plus que, comme tout
vaccin, ils ne sont pas efficaces à 100%. Comme les vaccins contre les papillomavirus qui ne dispensent pas du dépistage par frottis du cancer du col de l’utérus, les vaccins contre les rotavirus
ne peuvent dispenser de mettre en œuvre d’autres méthodes pour éviter les conséquences graves de diarrhées qui peuvent être mortelles chez le nourrissons. Or, le recours à divers antibiotiques
plutôt qu’à la réhydratation est encore très répandu dans la pratique médicale comme une enquête menée par l’InVS l’avait établi (Diarrhées du nourrissons : des prescriptions dangereuses ! ).
Un autre argument avancé était le coût beaucoup trop élevé de ces vaccins. Mais, selon une information communiquée aux journées de veille sanitaire (27 novembre 2008), les laboratoires seraient
prêts à faire un effort en proposant leur produit à des prix nettement plus abordables. Cela sera-t-il suffisant pour faire pencher la balance en faveur de la recommandation de cette vaccination
pour les nourrissons qui sont pourtant déjà gavés par un fort copieux programme de vaccination ?
La vaccination contre les rotavirus est orale en 2 prises qui doivent être réalisées avant l’âge de 6 mois. Selon le calendrier, l’enfant reçoit déjà l’hexavalent et le prevenar aux 2e et 4e
mois, le pentavalent au 3e (sans le prevenar selon les dernières recommandations), le BCG à la naissance s’il est à risque selon les normes définies ( par exemple né en Île-de-France). Il
faudrait donc rajouter deux prises orales d’un vaccin dont les effets secondaires ne sont pas négligeables. Mais il faut maintenant tenir compte des effets cumulés des produits, vaccins et autres
comme les médicaments, les polluants environnementaux et alimentaires.
L’organisme humain pourra-t-il supporter longtemps une telle accumulation ? Ce n’est pas la récente émission d’Arte qui va nous dissuader du contraire : c’était le 25 novembre 2008,
dans le documentaire "Mâles en périls" : des chercheurs ont osé réaliséer une grosse expérience sur
plus d’un millier de rats qu’ils ont pollué avec un phtalate et 2 pesticides à des doses dites faibles, c’est à dire qui, prises isolément, ne provoquent aucun effet décelable chez le rat. Mais
pris ensemble ces 3 produits se sont révélés fort nocifs pour ces rongeurs. Il faut désormais tenir compte de ce phénomène.
Allant dans le même sens, l’étude récente du professeur Marc Tardieu sur le
vaccin hépatite B avait montré que les enfants qui avaient été les plus vaccinés par ailleurs, ceux qualifiés "d’observants au calendrier vaccinal", étaient aussi ceux qui avaient été les plus à
risque de sclérose en plaques (cette étude a
toutefois été critiquée sur le plan méthodologique). Comme ces enfants avaient été suivis entre 1994 et 2003 et que le calendrier s’est encore enrichi depuis, on peut légitimement se demander
s’il faut encore en rajouter.
Il y a quelques indices qui donnent à penser que nos experts du HCSP et du CTV pourraient cette fois-ci se laisser entraîner à recommander la vaccination contre les rotavirus pour l’ajouter à un
programme déjà démentiel. Pourtant, il y a seulement un an, aux journées de veille sanitaires de fin novembre 2007, le professeur Christian Perronne, qui avait présidé le CTV et le CSHPF pendant
plusieurs années jusqu’en 2007 et venait d’être promu président de la commission de sécurité sanitaire des produits de santé au HCSP, avait déclaré que le vaccin contre le rotavirus n’a pas un
bon rapport coût-efficacité et aurait en France un impact extrêmement marginal : il y a seulement 5 décès par an par le rotavirus qui n’est responsable que d’un tiers des diarrhées
(pour approfondir). Il existe d’autres moyens de lutte qu’il faut promouvoir alors que la vaccination
inciterait à en faire mauvais usage : il faut penser à un effet délétère de la vaccination qui inciterait à négliger les bonnes règles contre la diarrhée. On a aussi un manque
de recul sur la tolérance. Un premier vaccin avait dû être retiré car il était responsable d’invaginations de l’intestin.
Tous ces bons principes pourraient-il être soudain oubliés ?
Si j’insiste sur ce risque c’est qu’à ces journées de veille sanitaire auxquelles j’assistais (27/11/2008), certains, et non des moindres, ont regretté que l’absence de négociations préalables
sur le prix du vaccin se soit soldée par 2 ans de perdus pour l’usage du vaccin...que la vaccination étant orale il n’y aurait aucun problème pour vacciner les enfants, cela pouvant se faire en
même temps que les autres vaccinations sans importuner les parents...qu’avec son prix plus modique cette vaccination pourrait satisfaire tout le monde, seule la Sécurité sociale ayant à payer
davantage...
Mais personne n’a interrogé la biologie de l’enfant pour lui demander comment elle allait gérer tout ça. Quant au trou de la sécu...creusons, creusons...on finira bien par trouver du pétrole...
Attendons...un nouvel avis du HCSP sur ce sujet devrait sortir d’ici quelques mois ou semaines.
* Rotavirus : Les rotavirus sont la 1ère cause de diarrhée aiguë sévère du jeune enfant dans le monde. Presque tous les enfants sont infectés par un rotavirus au cours des cinq premières années de leur vie. Cette infection peut rester asymptomatique ou entraîner une gastro-entérite (GEI = gastro-entérite infantile), dont les rotavirus sont la principale cause. (source : Wikipedia)
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