La réforme dite de l’initiation aux langues a été instituée il y a maintenant quelques années. Un premier bilan très encourageant est d’ores et déjà possible : à l’heure actuelle, 86%
environ des élèves font de l’arabe, les autres s’initiant soit à la langue régionale, soit à l’allemand, essentiellement dans les régions frontalières et selon les disponibilités des PDE
(professeurs des écoles, ex-instituteurs et -tutrices), et leurs compétences validées dans les IUFM (Institut de formation des maîtres).
Les technologies informatiques sont venues moderniser l’enseignement des langues : il sera possible dès demain à de nombreuses classes primaires de converser avec un locuteur
arabophone natif. Ainsi, nos enfants pourront s’imprégner d’un accent authentique et être en situation.
Par ailleurs, le nombre d’intervenants arabophones sous contrat avec les Académies a été augmenté. Nul besoin d’organiser de complexes séjours linguistiques, ce sont les langues qui
viendront dans nos classes.
Tout récemment, grâce au dynamisme de notre ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, des cours de soutien en semaine et des stages d’été d’arabe seront organisés pour tous les élèves qui
en feront la demande, et seront totalement gratuits, car, comme l’a dit le ministre, il faut faire de la France une nation bilingue.
L’égalité des chances, pilier de l’école républicaine, sera ainsi respectée, car les enfants de l’élite, ayant la possibilité d’immersion linguistique parce que leurs parents sont
ingénieurs ou commerciaux expatriés, étaient évidemment favorisés.
De son côté, Mme Pécresse a dit qu’il fallait briser le tabou de l’arabe dans les institutions européennes, et a regretté que l’arabe ne soit pas davantage appris dans les facultés
françaises. Il est bien évident que l’arabe est indispensable à la formation des élèves ingénieurs des grandes écoles, quand on sait combien de grands travaux et de chantiers pharaoniques ont
été lancés dans les pays arabophones, par exemple, ou quel potentiel de développement niche dans les pays émergents. Les pays arabes sont d’ailleurs les seuls acheteurs de notre avion de chasse
Rafale, dont il faudra assurer l’après-vente, formation et maintenance.
Quelques parents et associations de parents d’élèves ont certes protesté qu’ils auraient préféré que leurs enfants fassent de l’anglais, de l’espagnol, du russe ou du chinois, mais
ceux-là ne comprennent pas que le monde change, que l’anglais recule dans le monde, que la diversité linguistique façonne jour après jour un monde multipolaire :
« Avec l’essor de son trafic entre l’Europe et l’Asie, Finnair améliore son offre internet en proposant une plus grande sélection de langues étrangères pour le confort de ses
passagers. Les passagers Finnair peuvent maintenant réserver leurs vols via internet sur les pages en français, en espagnol, en italien, en russe et en chinois. Au total, le site propose
désormais 11 langues. »
(Lu sur Inttranews)
Quelques associations de parents d’élèves se sont également plaints que leurs enfants qui avaient fait de l’initiation à l’arabe ne puissent ensuite en 6e faire une autre langue, car les
établissements secondaires recommandent de poursuivre la même, dans l’intérêt du suivi pédagogique.
Il n’est pas interdit de voir dans ces réactions de l’antiarabisme primaire, un refus de reconnaître la grandeur des civilisations arabes passées ou présentes, le poids culturel de cette grande
langue, le nombre de ses locuteurs, et c’est heureux que le système scolaire passe outre les préjugés des parents et donne sa chance même aux enfants dotés de parents peu ouverts à la
modernité.
Alors, oui, l’arabe est imposé à l’école primaire - puisque le choix n’est quasiment jamais proposé aux parents- , et c’est tant mieux : nos pédagogues et nos décideurs ont organisé au
mieux l’initiation aux langues vivantes dans l’intérêt des enfants. En ces temps de crise, le système d’autrefois où l’on choisissait sa langue étrangère paraît désormais un luxe choquant.
L’arabe est devenu, peu ou prou, une matière obligatoire au même titre que les maths ou le français, et le fait que la majorité des parents aient bien accepté la disparition du choix des
langues, et que nos médias n’en aient jamais parlé, est bien la preuve que ces réformes, nécessaires, ont été bien conçues, dans l’intérêt supérieur des enfants.
D’ailleurs, la pédagogie elle aussi n’est pas en reste, qui a fait d’énormes progrès - les spécialistes parlent plutôt de didactique des langues. L’enseignement des langues est maintenant
davantage intégré aux autres matières, mis en situation (le « learning by doing »), ainsi l’élève doit idéalement être capable de passer spontanément du français à l’arabe tout
au long des activités scolaires, qu’il s’agisse de chant, de calcul, d’écriture, tandis que le maître, de son côté, pourra utiliser indifféremment des mots français et arabes durant les
leçons.
Conclusion :
Sous peu, notre nation, montrée du doigt par l’UE pour sa défense passéiste du français, pourra rejoindre le chœur des nations bilingues ; et, à moyen terme, nous pourrons même inscrire
l’arabe dans la Constitution comme deuxième langue du pays, officialisant ainsi notre ouverture au monde plurilingue.
Erratum : il semble qu’une erreur de traitement de texte se soit produite. Il convient de lire « anglais » en lieu et place de « arabe », et réciproquement,
ainsi que « anglophone » pour « arabophone ». C’est l’anglais qui est imposé à 86% des élèves du primaire, et non l’arabe.
Que les lecteurs veuillent bien nous pardonner cette erreur, totalement imputable à l’ordinateur, à Windows et à Microsoft.
par Krokodilo - http://www.agoravox.fr/
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