Photo: Akshay Mahajan
Le héros de "Slumdog Millionaire", un enfant du bidonville de Dharavi, à Bombay, décroche le jackpot en participant au "Qui veut gagner des millions ?" local. Cet illettré tire les réponses aux questions de ses expériences personnelles, prétextes à des scènes de flash-backs qui exposent la pauvreté, la violence et les conditions de vie déplorables des populations.
Le film a déjà raflé cinq Golden Globes et compte pas moins de onze nominations aux BAFTA Awards, l'équivalent britannique des Oscars.
En Inde, cette production made in England, dont le scénario s'inspire du best-seller "Q and A" du diplomate et écrivain indien Vikram Swarup, est loin de faire la même unanimité.
Sur ce blog on lit que le film est "une collection de clichés sur la noirceur du tiers-monde pour le plaisir d'un public du Premier monde".
Nos Observateurs se sont rendu sur les lieux du tournage, dans le bidonville de Dharavi. Et sur place, la réalité semble dépasser la fiction.
Anuja Gupta est allé à Dharawi le week end dernier afin d'y récolter des réactions après la sortie du film.
Akshay Mahajan est photographe. Il est originaire de l'Etat de Maharashtra, où se trouvent Bombay et le bidonville de Dharavi.
Une boulangerie de fortune à Dharavi.
Les tuyaux d'évacuation des eaux usées atterrissent dans le quartier 13 de Dharavi.
Des enfants jouent sur les tuyaux dans le quartier 13.
Un garçon qui gagne sa vie en récupérant de la peinture.
Des enfants jouant à proximité d'égouts.
La dure réalité des bidonvilles de Bombay, telle qu'elle est montrée dans le film, existe. Mais en même temps, un film comme 'Slumdog Millionaire' déforme la réalité pour qu'elle colle à l'histoire.
Dans le film, on voit Jamil emprisonné dans un soi-disant 'orphelinat', qui est en fait la façade d'une mafia qui exploite de jeunes mendiants, et je ne pense pas que ça existe. Ensuite, les émeutes durant lesquelles la mère de Jamil est tuée ont effectivement eu lieu, si toutefois l'écrivain fait référence à celles qui se sont déroulées à Bombay en 1992.
Le film se veut réaliste mais en même il raconte une incroyable histoire d'amour. Je ne pense pas que ce soit le meilleur moyen de comprendre les bidonvilles.
Mais c'est vrai qu'en marchant dans les ruelles on sent l'espoir. Les pauvres d'Inde viennent ici pour travailler, à la recherche d'un nouveau départ."
Loveleen Tandan est co-réalisatrice du film.
Soumir Kar, un de nos Observateurs à Bombay a photographié Dharavi en 2006, avant le tournage du film.
Un garçon prend son bain du matin.
Un garçon fait des petits paquets de riz pour préparer le Tiffin [déjeuner léger] de la classe ouvrière de Bombay. Les Tiffins seront livrés par les dabbawallahs [des livreurs qui ne sont pour la plupart jamais allés à l'école].
<
Clic au centre du player
pour ecouter la radio !