Les résultats d'une enquête menée en 2008 sur plus de 1 000 femmes, égyptiennes et étrangères, par le Centre égyptien des droits de la femme signalaient que 83 % des Egyptiennes et 98 % des étrangères avaient rapporté avoir été victime de harcèlement sexuel. Et ceci quelque soit leur âge, leur origine sociale, ou la façon dont elles étaient habillées.
Selon les conclusions de l'enquête, le harcèlement, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas lié à la façon qu'ont les femmes de s'habiller puisque 71,5 % d'entre elles portaient des foulards ou des vêtements couvrants (et 19,6 % portaient de véritables burkas).
L'Egypte, en tant que destination touristique, pâtit de ce traitement infligé aux femmes. A tel point que le ministère du Tourisme diffuse en ce moment des clips mettant les hommes en garde sur les conséquences de tels comportements.
Le Centre égyptien des droits de la femme a lancé de son côté une campagne baptisée "Rendre nos rues plus sûres pour tous" . Il demande qu'une loi soit votée pour punir les harceleurs.
Julie Marquet est Française. Etudiante et candidate à l'agrégation d'histoire, elle est aussi passionnée de voyage. Avec son sac à dos, elle a traversé une douzaine de pays en Europe, en Asie et en Amérique du Sud.
Où que nous allions, on se prenait des mains partout, que ce soit dans la rue, dans le bus, ou dans le train... Et ils ne le faisaient même pas discrètement. Ils nous mettaient la main aux fesses et parfois même passaient sous notre t-shirt ! Nous faisions attention à mettre des pantalons et des hauts à manche longue, même par 40°C, mais ça ne les arrêtait pas. Des amis franco-égyptiens nous ont expliqué que les femmes ne devaient pas se faire remarquer en public. Qu'elles ne devaient pas rire ou parler fort. Nous avons tout fait pour être aussi discrètes et invisibles que possible. Mais ça n'a absolument rien changé. Et quand on se mettait en colère et qu'on les repoussait avec force, ça aidait encore moins. Ils rigolaient et ne nous prenaient pas du tout au sérieux.
Les gens essayaient de nous arnaquer ou de nous harceler dès qu'ils en avaient l'occasion. Une fois, on a essayé de changer un billet de train et le vendeur nous a dit qu'il fallait qu'il nous emmène voir le chef de gare et on s'est retrouvé dans une arrière cours louche. Qui sait ce qu'il voulait faire, en tout cas, on a pas essayé de savoir, on est parties.
Nous avons rencontré une jeune journaliste au Caire qui nous a dit que, globalement, la société égyptienne était devenue beaucoup moins tolérante avec les femmes qui portent des habits occidentaux depuis le 11-Septembre. Même les jeunes actives sont revenues au foulard, qu'elles ne portaient pas il y a plusieurs années.
J'ai l'impression que leur vision de la femme occidentale est le résultat du manque de pudeur et de discrétion de nombreux touristes qui voyagent en groupe organisés ou descendent de leur bateau croisière. Comme ils sont généralement accompagnés de guides, voir de gardes, ils ne courent aucun risque, donc certaines femmes se baladent en haut de maillot de bain ou en robe de plage, ce qui choque beaucoup les Egyptiens. Ils se disent que les Occidentales ne sont pas respectables."
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