
La sixième Enquête sur la Santé et les
Consommations lors de l’Appel de Préparation A la Défense (ESCAPAD), rendue publique par l’OFDT le 10 juin dernier, porte sur 39 542 jeunes âgés de 17 ans. Ces derniers ont été interrogés,
tout au long de l’année 2008, sur leurs consommation de substances addictives telles que alcool, tabac, cannabis, cocaïne et autres drogues de synthèse psychoactives.
Rapportées aux résultats obtenus en 2000, les réponses font apparaître une baisse de la consommation de tabac, de cannabis et, dans une moindre mesure, d’alcool. L’an dernier, 92,6 % des
jeunes de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 59,8 % ont déjà été ivres. Par rapport au début de la décennie, on boit ainsi un peu moins mais les cas d’ivresse sont en augmentation. Le
binge drinking, occasionnant une ivresse aiguë, est un phénomène en constante augmentation. Une proportion de 2,4% des jeunes questionnés, et c’est une catégorie émergeante, déclare même
consommer plus de cinq verres d’alcool par soir et ceci plus de 10 fois par mois !
Concernant le cannabis, la première cuite à lieu généralement à 15 ans, et 42,2 % des jeunes déclarent avoir fait cette expérience. La consommation régulière du chanvre diminue
régulièrement depuis le début de la décennie.
Pour ce qui est du tabac, la première cigarette est fumée en moyenne à l’âge de 13 ans et demi, et 70,7 % des jeunes indiquent avoir déjà fumé. Le chiffre est certes élevé, mais le
tabagisme marque un net recul par rapport à 2000, de l’ordre de 30 %, même si les filles, moins attirées par le cannabis et l’alcool que les garçons, font ici jeu égal avec eux.
L’OFDT fait état de nouvelles franchement préoccupantes lorsque sont abordées les drogues plus nocives. L’étude fait ici apparaître une progression continue de la cocaïne, 3,3 % des
jeunes l’ayant expérimenté en 2008 contre 2,5 % en 2005. Le crack, pour sa part, voit sa consommation augmenter de 0,7 % à 1,0 % pour les mêmes années, et les amphétamines de
2,2 % à 2,7 %. L’héroïne dépasse elle aussi le seuil de 1 % d’expérimentation (1,1 % contre 0,7 % en 2005). Le GHB, la kétamine, le LSD et le Subutex progressent
également. Seule l’expérimentation d’ecstasy recule, certes légèrement, ayant convaincu 2,9 % des jeunes en 2008 contre 3,5 % en 2005.
Mais c’est surtout la très forte hausse d’augmentation de consommation des inhalants qui interpelle les responsables de l’enquête. Les poppers*, en premier lieu, passent ainsi de 5,5 %
d’expérimentation en 2005 à 13,7 % en 2008. Etienne Apaire, président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) se félicite du résultat
« globalement positif » de l’enquête, en particulier du recul de la consommation de cannabis liée selon lui aux efforts de prévention contre le tabagisme, « le
tabac étant souvent lié au cannabis ». Jean-Michel Costes, directeur de l’OFDT, met pour sa part en garde contre la cocaïne qui a « une image attractive car moins chère et
plus disponible ».