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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 17:36
La Maison de l'ado, un concept qui fait école
 
Par Dominique AUBIN
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LE HAVRE (AFP) - La Maison de l'adolescent, un concept de prise en charge des jeunes en souffrance psychique expérimenté au Havre à partir de 1999, a fait depuis école en France où une douzaine de structures fonctionnent aujourd'hui sur ce modèle.

Ce constat d'un essaimage rapide a motivé l'organisation d'un congrès national des maisons de l'ado qui a réuni cette semaine une centaine de professionnels au Havre. "Chaque structure est différente de l'autre, a une histoire différente, mais elles ont en commun d'être des lieux ouverts de prise en charge des ados où se croisent les compétences", a expliqué le docteur Alain Fuseau, directeur de la Maison de l'ado du Havre. Plus de 5.000 adolescents souffrant d'anxiété, de troubles de l'humeur, du comportement ou de pathologies beaucoup plus graves (anorexie, schizophrénie...) ont été reçus dans la structure havraise depuis sa création dans un petit immeuble du centre-ville. En 2005, leur nombre a même atteint la proportion de 6,5% de la population adolescente "théorique" de cette agglomération. Sur place, l'adolescent est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui compte des éducateurs, un psychiatre, une psychothérapeute, une assistante sociale, une nutritionniste et une gynécologue. Le contact peut se limiter à un simple conseil, se prolonger par une participation à des activités de groupe ou être le point de départ d'une psychothérapie. En 2004, le gouvernement a décidé de favoriser une généralisation de l'expérience havraise et une douzaine de structures ont vu le jour en France, à Paris, Bordeaux, Valence, Bobigny, Beauvais, Marseille... "Certaines structures sont hospitalières, d'autres municipales ou associatives, certaines ont des lits d'hospitalisation, d'autres non", a souligné le professeur Marcel Rufo, directeur de la Maison de Solenn à Paris. Au cours du congrès, plusieurs intervenants ont souligné l'importance d'entretenir en amont des liens avec l'Education nationale où les adolescents en souffrance peuvent être dépistés de manière précoce. "Nous réunissons régulièrement les infirmières scolaires qui constituent des interlocutrices irremplaçables", a dit le Dr Fuseau. D'autres ont déploré le manque de lits d'urgence pour les adolescents qui nécessitent une hospitalisation et de moyens humains pour le suivi à plus long terme. "On sait poser les indications mais on tarde à soigner, la déprime s'installe et l'adolescent perd des chances de s'en sortir", a constaté le professeur Marie-Rose Moro directrice de la Maison de l'ado de Bobigny. Des intervenants se sont interrogés en outre sur "l'étalement" du temps de l'adolescence dans les sociétés modernes, sur la place des parents souvent "demandeurs" dans la thérapie ou sur le développement de la violence. "Si vous voulez susciter l'attention, en cassant vous y arriverez très facilement tandis qu'en construisant, la réussite est beaucoup plus aléatoire", a expliqué le docteur Philippe Jeammet de l'Institut mutualiste Montsouris de Paris. Tous s'accordent pour dire que les Maisons de l'ado doivent rester des lieux "ressources" pour les adolescents en souffrance psychique. "Elles ne doivent pas devenir un guichet unique pour tous les problèmes des ados", affirme le Dr Fuseau, en évoquant la pression sociale s'exerçant parfois dans ce sens.
Publié dans : Infos du Monde - Par willy et sandrine
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