Le lundi 02 octobre 2006
ÉQUITHÉRAPIE
Guérir au petit trot
Louise Lemieux
Le Soleil
Québec
Mardi après-midi. William, six ans, ne veut rien savoir de Cassonade, le poney. William a bien voulu se coiffer de la bombe du cavalier, mais maintenant, il se tient à l’écart, dit qu’il veut rentrer à la maison. William et ses trois amis ont des problèmes psychomoteurs. C’est leur première séance d’équithérapie, dans le manège de l’écurie Cheval-Défi, à Saint-Augustin.
« Ce n’est pas grave, William. Tu monteras Cassonade tout à l’heure. » Marie-Chantal Picard, l’ergothérapeute, rassure l’enfant.
Laura, 13 ans, a déjà mis un pied sur le montoir. Elle prend Calinours par la crinière, et avec un peu d’aide, réussit à s’installer sur le poney des filles, ce jour-là.
Michael monte à son tour sur Cassonade. L’enfant souffre d’une maladie neuromusculaire. Il a du mal à monter. Hop là !
Les deux poneys et leurs cavaliers font le tour du manège, au pas, guidés par un entraîneur équestre bénévole. Un bénévole marche à côté de chaque enfant, au cas où l’équilibre ferait défaut.
« Lève la main droite ! » demande Marie-Chantal aux deux enfants. Puis ce sera la gauche. Ensuite chaque genou. Les enfants se couchent sur le dos de leur poney, se penchent vers son cou. Ils appuient les talons « sur la bedaine » des poneys. Cassonade et Calinours se mettent au pas. En tirant sur leurs rênes, les poneys arrêtent. Wow !
Les yeux de Laura brillent d’excitation. Michael esquisse un vague sourire. Une petite victoire pour cet enfant introverti.
Un tour, deux tours, trois tours autour du manège. Une dernière caresse au poney. On change de cavalier.
Laura trouve plus difficile de descendre que de monter sur l’animal. Un grand sourire illumine son visage. « Le pelage de Calinours est très doux. J’ai aimé ça le diriger. Je suis fière de moi. Ah oui ! Je vais revenir la semaine prochaine », promet-elle.
La petite Émie grimpe à son tour sur le dos de Calinours. C’est maintenant William qui monte sur Cassonade. Il hésite. Le poney lui fait un peu peur. Il tient Marie-Chantal par le cou. Graduellement, il se détend. Lève le bras droit, puis le gauche, fait des cercles, touche la queue du cheval, la crinière.
Au deuxième tour du manège, son grand sourire en dit long. Ça y est ! C’est gagné. William sera là la semaine prochaine.
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