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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 06:09


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Martine Nawrat, animatrice au planning familial à Paris, revient sur le rapport remis aujourd'hui à la ministre de la Santé, pointant entre autres les «échecs de la contraception». «Le vrai problème, c'est le manque d'information», rétorque-t-elle.


La diffusion massive de la contraception n'a pas fait diminuer le nombre des interruptions volontaires de grossesse (IVG), qui se maintient aux environs de 200 000 par an. C'est le constat paradoxal que dresse aujourd'hui l'inspection générale des affaires sociales (Igas) dans son rapport remis à la ministre Roselyne Bachelot.
Sur le terrain, Martine Nawrat, animatrice au planning familial à Paris, n'est pas du tout surprise par cet état des lieux. Entretien.

 

72 % des femmes qui recourent à une interruption volontaire de grossesse étaient sous contraception. Ce chiffre, pioché dans le rapport, est effarant...

Non, il correspond à une réalité quotidienne. Tous les jours, au planning, on voit arriver une femme au moins qui est tombée enceinte alors qu'elle prenait la pilule.

 

La pilule n'est donc pas un moyen de contraception sûr ?

Si, mais à condition de bien l'utiliser. A commencer par ne pas l'oublier. Des femmes viennent nous voir catastrophées. Elles prennent la pilule depuis cinq ou dix ans, l'oublient un jour en se disant "c'est pas grave, je la prend depuis tellement longtemps". Et paf, elles se retrouvent enceinte... Autre classique : après une rupture amoureuse, la femme ou la jeune fille arrête la pilule. Puis le copain revient et ils oublient qu'elle n'est pas protégée.

Ce rapport de l'Igas a le mérite de rappeler que tout le monde est concerné. Aujourd'hui, l'avortement est montré du doigt, les femmes s'entendent dire "maintenant avec tous les moyens de contraception... il suffit de prendre ses précautions". On se rend compte que ce n'est pas si simple...

 

La pilule est le mode de contraception le plus répandu, représentant près de 60% de la couverture contraceptive. Faut-il préférer d'autres moyens, comme le stérilet, l'anneau ou le patch qui évitent une prise quotidienne et donc le risque d'oubli?

Pas forcément. Le meilleur contraceptif est celui que la femme choisit. Certaines ne supportent pas l'idée d'avoir un stérilet ou un anneau dans le corps, d'autres y voient un confort. Tout dépend, il n'y a pas de règle. Mais pour s'approprier un moyen de contraception, encore faut-il pouvoir faire son choix...

 

Que voulez-vous dire ?

Encore faut-il être bien informée. On le constate tous les jours: les femmes -tout âge et catégorie sociale confondue- manquent d'information. Au planning familial, nous avons mis en place des «accueils collectifs». On reçoit les femmes par petit groupe pour leur présenter les différents modes de contraception. Et répondre à des questions simples: que faire quand on oublie la pilule? Rappeler des règles de base: si vous vomissez, même trois heures après avoir pris la pilule, vous n'êtes pas protégée. Ou lutter contre des idées préconçues : "non, il n'est pas dangereux de mettre un stérilet avant d'avoir eu un enfant".

 

Roselyne Bachelot déclarait ce matin vouloir «mettre le paquet» dans l'éducation sexuelle à l'école. C'est une bonne chose?

Qu'elle commence à appliquer les textes qui existent déjà ! Une circulaire ministérielle prévoit que les animateurs du planning familial interviennent trois fois par an à l'école... On en est loin dans la réalité. Nous, à Paris, on se bat pour y aller au moins deux fois dans l'année. Et je ne suis pas sûre que la situation ne soit mieux dans les autres académies...

 

Que proposez-vous ?

Il faut multiplier les campagnes d'information, à tous les niveaux: pour les jeunes bien sûr, filles et garçons. Mais aussi les femmes mûres... Cela passe par le gynécologue mais aussi le généraliste. Les professionnels doivent prendre le temps d'expliquer, de conseiller.

Il est souhaitable aussi que tous les modes de contraception soient remboursés par la Sécurité sociale. On voit trop de femmes prendre une pilule (remboursée pour certaines) par défaut.

 


Par MARIE PIQUEMAL - http://www.liberation.fr/

A lire aussi

Bachelot veut «mettre le paquet» sur l'éducation sexuelle à l'école

Un rapport remis ce mardi à la ministre de la Santé, qui dresse un état des lieux sur l'accès à la contraception et à l'IVG en France, alerte sur le manque d'information chez les jeunes.


 

Publié dans : Infos santé - Communauté : Infos Santé - Par Planète-Eléa
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