Plus de 767 000 visionnages sur Youtube en seulement 20 jours. Le film Striker, sorti simultanément dans les cinémas indiens et sur internet le 5 février dernier, enregistre un bon score d'audience. Cette première expérience de mise en ligne payante d'un film Bollywood est vécue comme le début du succès pour les producteurs du film. Studio 18 et d'autres boîtes de production y voient une nouvelle source de richesse.
C'est récemment que Youtube a ajouté la chaîne Bollywood à sa bibliothèque de films longs-métrages. De nombreuses productions sont disponibles gratuitement : Manorama 6 feet under, Naukar ou Mumbai Salsa. Google veille à ce que les diffusions soient de qualité. " Quand nous avons commencé à travailler avec les producteurs de longs métrages Bollywoodien, leurs bibliothèques étaient très limitées. Mais nous sommes depuis quelques temps en discussion avec plusieurs entreprises. Et bientôt une quantité de titres sera disponible, anciens et récents ", affirme Gautam Anand, directeur et chargé des partenariats Asie-Pacifique de Google.
Plus rentable qu'un affichage publicitaire
" C'est une sorte de revenue supplémentaire pour nous. Avec des magasins, nous ne pourrions pas autant percer ", constate Sandeep Bhargave, chef exécutif de Studio 18. Mais surtout cela ne revient pas cher. Avec la version Adsense de Google, le film rapporte de l'argent et paie les droits d'auteur à chaque fois que le lien est activé.
C'est une méthode qui marche, comme le témoigne Gushman Verma, un responsable d'Ernst and Young : " Nous avons vu des publications en ligne de vidéo atteindre 350 roupies pour 1000 visionnages. C'est quatre à cinq fois plus rentable par rapport à un affichage publicitaire traditionnel ou un moteur de recherche " Mais ce n'est pas le seul moyen de se faire de l'argent.
Les producteurs ont le choix. Ils peuvent s'arranger avec Youtube sur les frais publicitaires. Et ils ont la possibilité de faire payer aux spectateurs un droit d'accès. Comme le film Striker, qui est disponible au prix de 4,99 dollars pour les utilisateurs américains. Mais c'est aussi un moyen de se protéger du piratage. " On espère gagner de l'argent en utilisant ce média, qui est aussi notre principal rival " indique Sandeep Bhargava. Et si possible renouveler son public.
Le streaming, inconnu en Inde
" En Inde, le streaming n'est pas connu donc Youtube est peu considéré. Cela va encore prendre du temps", indique Sai Nagesh, directeur des opérations à Dentsu Media India. Le manque d'infrastructures et le bas débit apparaissent comme des obstacles majeurs.
C'est ce que confirme Tarun Deep Kumar, directeur exécutif de Starcom Mediavestgroup en Inde du Nord et au Pakistan. " Pour le moment aucun de nos clients ne nous a parlé de la plateforme. Mais ils le percevront peut être plus tard comme une aide pour s'exporter ". Car Youtube est surtout " un excellent moyen de susciter la curiosité chez les étrangers ".
Le marché Bollywood sur Youtube est principalement axé sur l'international, mais tous les pays n'ont pas le même traitement de faveur. Alors que les Indiens n'ont pas accès au streaming et que les Etats-Unis doivent payer pour louer Striker, les utilisateurs de Youtube des autres pays peuvent le visionner gratuitement sur la chaîne Studio 18. Les producteurs ont compris qu'il fallait s'adapter au marché. Et que Youtube était aussi un moyen rapide de promouvoir un film qui n'aurait pas eu le succès escompté.
C'est pourquoi d'ici quelques temps, les nouveautés accompagneront la sortie des films cultes, annonce Hiren Gada, directeur de Shemaroo Entertainment. " Bien que les nouveautés rapportent de bons revenus, en fin de compte ce sont quand même les vieux films les plus rentables, car ils ont une durée de vie plus longue ". Ce sont toujours dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.
Par Ella Martin - http://www.aujourdhuilinde.com/
<
Clic au centre du player
pour ecouter la radio !