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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 05:32

 

 

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Aux Etats-Unis, le Bureau des narcotiques sonne l’alarme autour de musiques sédatives.

 


 

L’alerte a été donnée le 10 juillet dernier par le porte-parole du Bureau of Narcotics and Dangerous Drugs (BNDD) de l’Oklahoma sur News 9, une chaîne du câble américain. Son message d’une rare gravité sonne le tocsin auprès des parents de teenagers menacés. Selon Mark Woodward, les jeunes ne se cament pas seulement à l’herbe et au crystal meth mais à la musique. Pas n’importe laquelle, et les parents de jeunots gavés du dernier Jonas Brothers peuvent dormir tranquilles. Quoique…

Ricanements. Le problème, selon le BNDD, serait le I-dosing, d’après le nom de l’application téléchargeable sur le Net, I-Doser, qui permettraient à ses abonnés de se procurer des «doses» sous forme de morceaux de musique planante. A l’appui de cette thèse, une farandole de vidéos postées sur YouTube montrant les adolescents atteints, sous casques audio, yeux clos, secoués de ricanements spasmodiques stupides (voir la vidéo) ; autant de preuves irréfutables que ces jeunes gens se trouvent sous l’emprise d’une véritable substance psychotrope.

Toujours selon Mark Woodward, le rapporteur narcotique, cette «digital drug» est, comme dans le cadre de tous les trafics connus, facilement accessible aux jeunes naïfs afin de les ferrer et de les rendre brutalement dépendants.

Toujours sur YouTube, on peut ainsi écouter divers spécimens de morceaux qui provoqueraient, au choix du consommateur, une torpeur proche de l’abrutissement ou une ivresse passagère, voire un mauvais trip classique ; le tout toxique. Gate of Hades par exemple, constitue le type même de produit généreusement distribué par les cyberdealers machiavéliques pour accrocher le client. Après écoute dudit morceau, évoquant les riches heures musicales d’une gondole de supermarché dans les années 80 ou l’ascenseur d’un hôtel pour voyageurs de commerce en zone industrielle, on ne peut qu’attester la nature nocive de cette guimauve soporifique.

En revanche, le risque d’addiction ne relève uniquement que du goût de chiotte le plus prosaïque. Un petit tour sur les sites prétendant fournir des «doses» de cette supposée «drogue digitale» suffit à faire comprendre le manège. Ils se présentent à peu de chose près comme ces sites de vente de médicaments pour maigrir en dix secondes ou pour déclencher une érection de yack dans les mêmes délais chez des nonagénaires anémiques. Ces sites vantent l’effet produit des «binaural brainwaves», le battement binaural, découvert par le physicien allemand Heinrich Wilhelm Dove en 1839 dans le cadre de ses recherches sur l’ouïe. Le bonhomme s’était avisé que certaines ondes, diffusées sur tempo différent dans chaque oreille, étaient susceptibles d’influencer l’humeur.

Drogues. Depuis, rien n’a été encore prouvé à ce sujet mais, si l’on ose dire, l’information n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Parmi les produits vendus sur le site référence I-doser.com (de 10 à 16 euros quand même), on trouve des stimulations audio qui, selon le site, «provoqueraient les mêmes sensations» que telles puissantes drogues existantes. L’argument commercial, lui, tient en deux phrases : la musique est comme une drogue dont on ne peut se passer et tout cela est parfaitement légal. Ce en quoi, les commerçants ne risquent pas d’être contredits.

 

 

Par BRUNO ICHER - http://www.liberation.fr/

Publié dans : Infos du Monde - Communauté : Musique et cie - Par Planète-Eléa
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