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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 05:58


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Comment peut-on être enceinte sans en avoir conscience ? Encore peu étudié, le déni de grossesse peut pourtant toucher des femmes de tout milieu et de tout âge. Dans ce cas, ni l'esprit ni le corps ne sait qu'un enfant est presque là...

Déni de grossesse et risque pour le nourrisson


Le déni de grossesse se définit comme le fait d'être enceinte et de ne pas en avoir conscience. On distingue le déni partiel, qui prend fin avant le terme de la grossesse, et le déni total, qui se poursuit jusqu'à l'accouchement. Dans ce cas, le risque de décès pour le nourrisson est réel, surtout lorsque l'accouchement se passe dans la solitude. L'état de sidération où se trouve alors la jeune mère, effrayée par le sang et par ce corps étranger dont elle ne soupçonnait pas la présence, peut conduire au décès du nourrisson, accidentellement, par manque de soins ou par un acte de violence. Lorsque la jeune femme est prise en charge par l'hôpital - où elle arrive souvent pour d'horribles "maux de ventre" -, le fait d'entendre qu'elle est enceinte et qu'elle va accoucher peut lui permettre d'accepter enfin la venue de cet enfant.



Déni de grossesse: qui est concerné?


Peu fréquent, le déni de grossesse concernerait environ une naissance sur 500. Il n'est pas, comme on a pu le croire, une situation réservée aux très jeunes femmes ou à des personnes d'un faible niveau intellectuel ou socialement défavorisées. Une étude française a montré que tous les milieux sociaux étaient concernés et que la moitié des femmes vivant un déni étaient déjà mères d'un ou de plusieurs enfants. En revanche, il est vrai que le déni de grossesse relève souvent d'une grande fragilité psycho-affective et d'un rapport négatif à son propre corps. A cette instabilité s'ajoutent les circonstances de la vie (divorce, surmenage, menace de devoir avorter...) qui font qu'à un moment, pour une femme, la grossesse est tout simplement impensable.



Un corps en déni


N'ayant pas conscience de sa grossesse, la femme qui vit un déni ne présente aucun signe extérieur de son état. Elle ne prend que peu de poids - 2 ou 3 kilos - et son ventre ne grossit pas. L'utérus, qui bascule d'habitude vers l'avant lors de la grossesse, va monter vers le haut, le long de la colonne vertébrale. Le bébé se fait dès lors le plus discret possible, et aucun mouvement n'est généralement perçu par la mère. La femme ne présente pas non plus de masque de grossesse et ses règles peuvent d'ailleurs continuer à se produire tout à fait normalement. Il est donc fréquent que les proches, et même parfois les médecins, ne s'aperçoivent absolument de rien.



Du déni de grossesse à la maternité

Longtemps considéré à tort comme une dissimulation, un mensonge, le déni de grossesse est aujourd'hui de plus en plus reconnu comme un mécanisme inconscient dont les mères - loin d'être sans coeur - sont souvent les premières victimes. Si le déni mène parfois à des situations dramatiques d'accouchement dans la solitude et de décès pour le nouveau-né, il faut savoir que de nombreuses mères ayant vécu leur grossesse dans le déni parviennent, après leur accouchement, à développer une relation bien réelle avec leur enfant. Il leur aura seulement fallu un peu plus de temps que les autres...





Par Julie Luong, journaliste santé - http://www.e-sante.fr/


Source:
C. Pierronne, M.-A. Delannoy, C. Florequin, M. Libert, Le déni de grossesse à propos de 56 cas observés en maternité, Perspectives psychiatriques, juillet 2002, vol 41, pp 182-188. - "Passagers clandestins in utero", Le Monde, 16 novembre 2009. - www.afrdg.info (Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse)

Publié dans : Infos santé - Communauté : Infos Santé - Par Planète-Eléa
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Commentaires

C'est en effet un sujet très délicat et peu connu ou reconnu. Pour bon nombre de femmes cette situation est vraiment dure à gérer surtout quand le surmenage pointe le bout de son nez. Mais le plus dur je pense reste la relation avec le compagnon voir la famille qui mal ou peu informé ne comprend pas forcément cette souffrance. Pour ceux que ce sujet intrigue un projet cinématographique est en cours sur le site touscoprod où il est possible de soutenir le projet et ainsi, peut être, montrer un regard sur les conséquences mais aussi les causes de ce phénomène. Il est réalisé en collaboration avec David Blin (auteur et réalisateur de nombreux spots publicitaires) et Renaud Behar (auteur de plusieurs fictions).

Je vous invite toutes et tous à visiter la page de projet et peut être aurez vous aussi l'envie de soutenir ce sujet difficile.

http://www.touscoprod.com/pages/projet/fiche.php?s_id=175&s_wbg_menu=4
Commentaire n°1 posté par cathy le 11/03/2010 à 12h39

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