Florence Cassez : "ça m'énerve, plus qu'autre chose"

Publié le par Planète-Eléa

 

 

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  Soulagée, Florence Cassez? Non, répond depuis sa prison, au téléphone, la jeune femme détenue depuis 2005 pour enlèvements au Mexique. La nuit dernière à Mexico, l'AFP a révélé que le Parquet général de la République du Mexique avait reconnu dès 2007 ce que Florence Cassez dit depuis le départ : la police a menti sur les circonstances de l'arrestation télévisée de la jeune femme. Celle que les journalistes pensaient couvrir en direct n'était pas la vraie.

 

Au bout du fil, Florence Cassez parle depuis un couloir de sa prison de Tepepan, au Mexique. On perçoit derrière elle les éclats de voix de la prison. Autour de la table à Lille, une vingtaine de journalistes écoutent. C'est Lionel Gougelot, d'Europe 1, qui parle à la jeune femme.

Soulagée? «Je ne sais pas si ça me soulage. Cette décision date de mars 2007. Elle aurait dû être ajoutée à mon dossier en appel (elle a été rejugée en 2009, ndlr). Ça m'énerve plus qu'autre chose. Depuis le début je crie mon innocence. Je suis la seule à avoir dit la vérité depuis le départ. On est en 2010, on se rend compte que cette lettre où ils reconnaissent que ça a été un montage a été cachée. Je trouve ça incroyable qu'il ait fallu attendre pour ça une réponse de Pablo Reinah (le journaliste de Televisa qui a filmé l'arrestation, ndlr) qui voulait se défendre. Je sais bien que le temps va passer, que des mensonges, des nouvelles contradictions vont arriver. Je perds mon temps

«Je ne suis pas en train de sauter de joie. J'en suis au stade de dire : «Il en faut combien des preuves comme ça?» J'ai besoin que ça avance. Que ça ne soit pas un mensonge de plus qu'on va essuyer avec le temps.»

La plainte contre Genaro Garcia Luna -secrétaire d'Etat à  la Sécurité publique, et ancien directeur de l'Agence fédérale d'investigation- lancée en France par son avocat, Franck Berton, pour «faux en écriture». «Je suis complètement pour. Je n'ai plus envie d'être en situation de défense. Il faut être en situation d'attaque. Foncer pour se défendre. Pendant qu'on va s'occuper de porter plainte, ça va m'occuper l'esprit

«Garcia Luna, il a «monté» sur ça, il a «monté» sur tout. C'est très grave d'avoir caché un document officiel dans un procès aussi compliqué, aussi médiatique, avec autant de contradictions dès le départ. Ça ne va pas leur plaire. Je m'attends à tout»

Elle va faire appel à la Cour suprême. La procédure risque d'être longue. «Oui, je le sais. C'est pour ça que je ne suis pas soulagée. Je ne sais pas ce qu'ils vont inventer derrière».

Recueilli par Haydée Sabéran

 

ZONES D'OMBRE - La reconnaissance de ce mensonge par le Parquet général mexicain suffit-elle à disculper la jeune femme? «Bien sûr ce mensonge ne suffit pas à la disculper, répond son avocat, Franck Berton. Il y a tellement d'autres choses. Je cherche toujours les membres de la bande du Zodiac. Ensuite, Vallarta (le présumé chef de la bande, dont Florence Cassez aurait été complice, ndlr), n'a toujours pas été jugé, pas condamné. Et puis parmi les victimes, quatre témoignages font état sd'un autre ranch, à 40 minutes du ranch de Vallarta. Le propriétaire n'a jamais été entendu. Ni son épouse, la soeur de Vallarta». 


Par H.S - http://www.libelille.fr


Sur l'enquête,  la correspondante de Libération à Mexico révèle les manipulations des autorités mexicaines : Florence Cassez, le piège mexicain

L'interview de l'avocat de Florence Cassez : «La police mexicaine a produit un faux en écriture»

 

Publié dans Infos du Monde

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