Haïti : Paris veut accélérer l'adoption des enfants

Publié le par Planète-Eléa

 

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Un rapport qui sera remis mardi matin à Nadine Morano souligne les conditions de vie très précaires des enfants dans les orphelinats. 

Des petites filles jouant dans la cour d'un orphelinat à Port-au-Prince, le 18 février dernier.
Des petites filles jouant dans la cour d'un orphelinat à Port-au-Prince, le 18 février dernier. Crédits photo : REUTERS

Quatre mois après le séisme en Haïti, plus de cinq cents familles françaises attendent toujours leur enfant adoptif. Sur place, les conditions de vie demeurent très précaires. Comme le préconise un rapport qui sera remis mardi matin à la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano, la France s'efforce d'accélérer les procédures d'adoption. «Le devenir de ces enfants fragiles et vulnérables nous soucie énormément», écrit le Dr Dominique ­Rosset, pédopsychiatre et chef de la mission qui s'est rendu en Haïti début mars. Les experts ont visité 18 orphelinats et rencontré 112 enfants qui ont, depuis, été remis à leurs parents adoptifs.

Le rapport se prononce pour un maintien du dispositif d'accueil en Guadeloupe, étape nécessaire avant un départ forcément bouleversant pour la France. «Cela permet une rencontre en douceur. La plupart des parents n'ont vu leur enfant adoptif que sur une photographie», souligne-t-on au cabinet de Nadine Morano, qui devrait reconduire ce dispositif pour quelques mois. Son coût est de 1 000 euros par enfant environ. La mission déconseille d'ailleurs aux parents adoptifs de venir chercher leurs enfants en Haïti, en raison d'une grande insécurité dans ce pays détruit.

 

La France premier pays d'accueil 

Plus de 500 enfants ont déjà été rapatriés en ­France depuis le séisme, selon le Service de l'adoption internationale. L'administration haïtienne a repris le cours des procédures en mars, mais le rythme est ralenti par un manque de moyens. «Pour les familles qui ont un jugement d'adoption, nous avons obtenu une accélération de la délivrance des passeports. Cette phase durait plusieurs mois auparavant, indique-t-on au ministère des Affaires étrangères. Mais les autorités haïtiennes sont exigeantes et nous attendons leur réponse pour les autres.» Ainsi, l'incertitude demeure pour les 445 familles qui sont encore dans la phase précédant un jugement d'adoption.

En attendant, la mission redoute que l'état physique et psychique des enfants se dégrade. À Port-au-Prince, beaucoup dorment encore dans des tentes par crainte des répliques. «Dans sa très grande majorité, le personnel est peu ou pas formé», peut-on également lire dans le rapport. Les nourrices semblent «angoissées, tristes, épuisées, peu disponibles psychiquement, et en grande difficulté pour soutenir le lien à l'enfant».

 

Suivi des enfants

Les experts recommandent un renforcement des structures permettant un suivi de ces enfants en France. «Or ces enfants, qui ont vécu des choses extrêmes, sont probablement très fragilisés, et les parents peuvent passer à côté de signes de détresse, confirme le Dr Anne de Truchis, pédiatre à l'hôpital de Versailles. Il faudrait qu'ils puissent être reçus régulièrement dans le temps.» Mais les délais pour obtenir un rendez-vous dans une consultation spécialisée sont aujourd'hui très longs.

Pour l'avenir, le rapport recommande enfin un meilleur encadrement de l'adoption. La France est le premier pays d'accueil des enfants adoptés en Haïti. Interrogé au Sénat, le ministre des Affaires étrangères, Bernard ­Kouchner, avait indiqué qu'il avait «un grand espoir» de voir Haïti signer la convention de La Haye sur l'adoption internationale. En attendant, la France a gelé toute nouvelle adoption dans ce pays.

 

 

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Par Delphine Chayet - http://www.lefigaro.fr 

Publié dans Adoption

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