Jamais anodine, l’angine est l’affaire du médecin

Publié le par Planète-Eléa

 

Le pic de fréquence de l’angine se situe entre les âges de 5 et 15 ans

« L’angine, mieux la reconnaître pour mieux la traiter ! » Voici en substance le message que souhaite faire passer le Conseil national professionnel de l’ORL (CNPORL) soutenu par plusieurs sociétés savantes. Leurs membres s’inquiètent de la publication d’un récent arrêté élargissant aux pharmacies d’officine la pratique du Test de diagnostic rapide (TDR). Selon eux en effet, « c’est le meilleur moyen de passer à côté de complications graves ».

Maux de gorge, céphalées, ganglions ou irradiations au niveau des oreilles. Les symptômes de l’angine sont aisément reconnaissables. Pour savoir s’il s’agit d’une forme virale ou bactérienne, le médecin dispose du TDR. Un simple prélèvement au niveau des amygdales permettra de mettre en place – ou non – un traitement antibiotique.

Or l’arrêté du 11 juin 2013 détermine la liste « des tests et traitements biologiques mis à la disposition d’autres professionnels de santé que les médecins », notamment les pharmaciens. Le test de dépistage rapide de l’angine bactérienne à streptocoque A en fait partie.

C’est ce qui inquiète le Dr Jean-Michel Klein, Président du syndicat national d’ORL. « Le plus souvent, la guérison survient en une semaine », explique-t-il. « Mais dans de rares cas, l’angine à streptocoque peut évoluer de façon agressive vers un rhumatisme articulaire aigu ou la constitution de phlegmons amygdaliens. » Afin de prévenir ces complications souvent graves, le médecin prescrira un antibiotique. Selon Jean-Michel Klein « le pharmacien peut donner un conseil mais il ne peut pas établir de diagnostic ! »

Mais ce n’est pas tout. Pour notre spécialiste, « le streptocoque du groupe A ne constitue pas la seule cause grave d’angine. D’autres formes d’origine bactérienne notamment à germes  anaérobies – agressives – relèvent d’une antibiothérapie spécifique et adaptée. Mais l’absence du streptocoque A lors du test en pharmacie – un faux négatif – peut inciter le patient à ne pas consulter son médecin ! Enfin, certains aspects d’angine correspondent, en fait, à des maladies non infectieuses, comme des tumeurs ou des hémopathies. »

Le Conseil national professionnel de l’ORL demande en outre que :

  • Les bonnes pratiques (de reconnaissance et de traitement de l’angine) soient mieux encadrées ;
  • Le « test oro-pharyngé d’orientation diagnostique des angines à streptocoque du groupe A » soit exclu du champ de l’arrêté du 11 juin 2013.

Contacté par l’Agence de presse Destination Santé, l’Ordre national des Pharmaciens n’a pas souhaité s’exprimer su ce sujet.

Pour en savoir plus, consultez la fiche « Angine » publiée par l’Assurance-maladie.

 

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet - http://destinationsante.com

Source : Interview du Dr Jean-Michel Klein, 4 septembre 2013

Publié dans Infos santé

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