Kirghizistan : un retour parmi les ruines

Publié le par Planète-Eléa

 

 

unicef.fr.jpg

 

Après les violences qui ont frappé le sud du Kirghizistan le 10 juin dernier, des milliers de personnes tentent de rentrer chez elles. Les femmes et les enfants réfugiés en Ouzbékistan repassent la frontière, tandis que les familles déplacées au Kirghizistan cherchent à se réinstaller chez elles. Mais tous ne retrouvent que des ruines.

 

Kirghizistan : un retour parmi les ruines

Les frères Amanbaev dans les ruines de leur maison ravagée par les flammes à Djala-Abad.

 

 

 

Hasan et Zulhumar Amanbaev avaient toujours vécu en paix à Djalal-Abad. Jusqu’au 12 juin dernier, où ils ont dû fuir, avec leurs quatre enfants. D’abord chez de la famille, dans un village voisin, puis au hasard, dans des champs ou des jardins, redoutant de devoir quitter le pays pour enfin trouver un endroit où ils seraient en sécurité. Quand la situation s’est calmée, ils sont rentrés chez eux. Et là, ça a été le choc. Ils n’ont pu retenir leurs larmes : il n’y avait plus rien, juste un tas de gravas à la place de leur grande maison.

Survivre à la destruction

Depuis, les deux aînés des enfants, Asatbek, 9 ans et Adbulbasit, 7 ans, demandent sans cesse à leurs parents où sont passés leurs jouets. De la bouche des deux plus jeunes, Adulazis, 5 ans et Abdulmutalib, 3 ans, il ne sort plus un mot. Le traumatisme est tel que leur maman, enceinte, a perdu son enfant ce jour-là. Heureusement, dans le voisinage, tout le monde s’est entraidé pour surmonter les difficultés du quotidien, sans distinction d’origine ethnique. Les Amanbaev ont reçu des couvertures et des habits pour les enfants, puis de l’aide alimentaire est arrivée. Toute la famille dort maintenant dans un petit abri dans la cour de leur maison, qui les protège à peine de la pluie.

Les cauchemars de Mustapha, 3 ans

Dans une autre famille, le petit Mustapha, 3 ans, n’a pas pu parler pendant plusieurs jours, comme beaucoup d’enfant de Djalal-Abad. La nuit, il se réveille en pleurant : il a peur que le silence soit à nouveau rompu par le bruit des balles, et que des inconnus ne viennent les tuer, lui et sa famille. Pour le représentant de l’Unicef au Kirghizistan, Jonathan Veitch, il est impératif pour le gouvernement et les organisations d’aide de répondre aux besoins des enfants comme Mustapha et les frères Amanbaev. « On doit les aider à revenir à la normalité, à surmonter leurs traumatismes mais aussi à apprendre la tolérance, et le respect de la différence. Pour établir une paix durable dans la région ».
L’Unicef achemine des secours pour les enfants déplacés et leurs familles. Il met aussi en place des équipes de psychologues pour les personnes qui en ont besoin et organise des sessions spéciales de jeux et de thérapie artistique pour les enfants de Djalal-Abad et de la province d’Osh, directement touchés par les violences.


Par http://www.unicef.fr/ 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article