L’Inde s’ouvre au couch surfing

Publié le par Planète-Eléa

 

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Les possibilités d’escapades et les destinations sont innonbrables en Inde pour les voyageurs… Pour un peu d’aventure et un supplément d’âme, avez-vous pensé au couch surfing ? Un moyen d’hébergement sympa et solidaire, qui a désormais ses adeptes au pays de Gandhi !

 


New Delhi. Descente de l'avion. Taxi, métro. Rendez-vous à Noida avec notre hôte. Jamais vu, jamais rencontré, le garçon nous file les clés de chez lui. "Installez-vous, prenez une douche, je finis ma journée de boulot, je vous rejoins après." Seules interactions préalables : par e-mail, quelques semaines plus tôt, via www.couchsurfing.org, le site officiel des "surfeurs de canapés" !

 

Lancé en 2004, le principe est simple et malin : constituer un réseau de volontaires, intéressés par héberger gratuitement chez eux des voyageurs, le temps d'une ou de quelques nuits, et de bénéficier en retour d'opportunités comparables quand ils sont eux-mêmes en goguette. "Un élément à part entière d'un tourisme solidaire !" se réjouit Marianne, adepte française d'un système "qui offre la possibilité à des gens sans trop de moyens de passer du temps dans un pays, d'y nouer des contacts un peu hors des sentiers battus."


A Noida, notre hôte est un jeune cadre marketing de trente ans, amoureux des voyages. Originaire de l'Himachal Pradesh, il a travaillé quelque temps comme rédacteur et photographe pour Incredible ! India. Trop débordé aujourd'hui par ses responsabilités professionnelles pour explorer le monde, il passe les frontières en accueillant chez lui, depuis deux ans, des baroudeurs de diverses nationalités.

 

"Ça me change du bureau, où c'est toujours le même traintrain, toujours les mêmes têtes", commente-t-il. Des gens de plutôt quel profil ?  "Des cannibales, des pygmées !" plaisante-t-il.  En tout, pour l'instant, une petite dizaine. "Des Américains, des Argentins en tour du monde, des Françaises qui ont investi ma cuisine pour me mitonner un canard à l'orange… "

Pour les couchsurfers, tout commence en ligne, par l'envoi d'une demande ciblée, sur la section de l'endroit où l'on souhaite être hébergé. "On explique qui l'on est, ce que l'on cherche, pour combien de personnes, à quelles dates,  Les gens répondent souvent par affinités : si tu dis que tu fais de la moto, tu risques de recevoir pas mal de messages de motards !" détaille Marianne.

 

En Inde, le système semble fonctionner pour l'instant davantage dans les grandes villes comme Delhi ou Bombay. "Dans les régions moins ouvertes ou mondialisées, les contacts sont plus rares, les gens te proposeront surtout de passer quelques heures avec toi pour discuter, te parler de la ville ou te faire visiter, pas forcément de t'héberger." Et même quand on explique clairement qu'on cherche un dodo à Delhi, il y a toujours des enthousiastes d'autres coins du pays pour émettre l'idée de faire le tour de l'Himalaya à moto ou de venir à Agra béatifier devant le Taj Mahal !

 

Quand on est une fille, autant d'enthousiasme peut parfois paraître suspect… Le coachsurfing, à déconseiller aux routardes ?  "Pour être sûre de là où tu mets les pieds, une solution est de s'en tenir aux gens dont le profil est certifié,  et sur lesquels ont été postés des commentaires élogieux, conseille Marianne. Quand une annonce sent le plan drague, je botte en touche !"


Reste que le cough surfing peut être l'occasion de belles rencontres. "Je me souviens d'une chercheuse française qui, ayant vu ma demande de logement à Haridwar, m'a proposé de venir la voir à Rishikesh, où elle étudiait la méditation… Le seul truc qui m'énerve, ce sont les professionnels du tourisme qui utilisent le système pour faire la promo de leurs services. C'est de bonne guerre, mais ce n'est pas le propos !"


Dernière point : ne vous attendez pas à ce que votre hôte joue forcément les guides ou les G.O. Il offre un toit, rend service, c'est déjà pas mal ! Et sera souvent de bon conseil sur comment se débrouiller en ville, naviguer dans les transports, organiser la suite du périple…

 

Une approche résolument plus humaine et proche de la réalité du quotidien du pays que l'hôtel. "A condition de savoir s'adapter, rappelle Marianne : aux horaires de l'hébergeur, aux conditions de confort de son logement..."  Et d'accepter de jouer le jeu, c'est-à-dire soi-même, en retour, ouvrir son couch ou sa chambre d'ami aux étrangers de passage.

 

 par Réjane Ereau - http://www.aujourdhuilinde.com

Publié dans Infos du Monde

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