La France toujours interdite aux « mères-porteuses »

Publié le par Planète-Eléa

 

 

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La France toujours interdite aux « mères-porteuses »

Alors que Belgique et Danemark l’autorisent, la législation française interdit le recours à la Gestation pour autrui (GPA), ce que l’on traduit en langage courant par « mères porteuses ».

 

Le débat reste cependant très passionné, et passionnel. Dans un avis publié ce jeudi, le Comité consultatif national d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé (CCNE) s’oppose à une éventuelle réforme de la loi. Position tempérée par une « note annexe » dans laquelle sept personnalités de premier plan - membres du Comité ou experts auditionnés par ce dernier – se disent favorables à une légalisation encadrée.

 

Le CCNE, « à l’issue d’une réflexion riche et collégiale », estime que « l’ensemble des arguments favorables au maintien de la législation en vigueur (à savoir l’interdiction de la GPA, n.d.l.r.) l’emporte sur ceux favorables à la légalisation… » Il retient en effet les dangers et les dérives induites par la GPA : la mise en péril des liens psychologiques et biologiques établis entre la mère et l’enfant pendant la grossesse, les risques physiques pour la mère-porteuse, l’éventualité d’une instrumentalisation de la femme ainsi que l’incompatibilité avec le principe de respect de la personne humaine.

 

Pour autant, le débat reste très sensible, en raison même du nombre de couples qui sont dans l’impossibilité de mener à terme une grossesse alors que la PMA leur a permis d’obtenir un embryon viable. C’est pourquoi plusieurs membres du CCNE, mais aussi des experts extérieurs, se montrent favorables à une évolution de la Loi. « Particulièrement sensibles au drame humain que représente (pour ces couples) l’impossibilité de faire mener par la mère « d’intention » la grossesse à son terme faute d’utérus, (ils) expriment le vœu que la GPA, strictement encadrée (…) soit prévue à titre dérogatoire dans la loi, à l’occasion de sa future révision ».

 

Source : Comité consultatif national d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé, 6 mai 2010.

Publié dans Infos santé

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Eric W 10/05/2010 00:12



Le fait qu'une part non-négligeable (7 sur 20 et non sur 40 comme écrit) des
membres signataires du comité s'est prononcée en faveur de la légalisation de la GPA montre qu'il n'existe pas d'argument éthique indiscutable contre la GPA. Ce sont donc des arguments subjectifs
qui font qu'une majorité des membres du comité est contre la GPA, et cela ne justifie pas sa prohibition. Et en regardant de près, ces arguments ne tiennent pas la route. Si l'on constate qu'en
moyenne les couples infertiles sont plus riches que les gestatrices, cela provient du fait que les traitements contre l'infertilité sont très coûteux et ne sont pas pris en charge par les
assurances santé, et sont donc réservés à ceux qui en ont les moyens (ce qui ne serait pas le cas si la France légalisait la GPA). En réalité, les études montrent que les gestatrices ont en
moyenne des revenus supérieurs à la moyenne des femmes de leur pays, ce qui démontre l'absence totale de pertinence de l'argumentaire financier. On note également une affirmation fausse : la
loi grecque ne permet pas aux parents intentionnels de décider à la place de la gestatrice pour un éventuel avortement, ce qui supprime de fait l’argument déployé par le comité. On cherche
également longtemps à comprendre le sens de l’affirmation «  la gestation pour autrui pourrait porter atteinte à la symbolique des femmes » et en quoi cela serait un principe éthique
indépassable. Et si on remplace dans la phrase GPA par avortement, que devient ce prétendu principe ? On se pince également devant l’affirmation « qu’il pourrait y avoir des “pratiques
clandestines impliquant des transferts d’argent plus importants qu’une indemnisation juste. » Quel couple infertile aurait intérêt à verser une somme d’argent à une gestatrice alors que rien
ne l’y oblige et qu’au contraire une demande d’argent remettrait en cause la confiance qu’il peut avoir en cette gestatrice ? C’est la même chose avec l’affirmation « Un enfant qui
justement pourrait être troublé psychologiquement “du fait qu’il aura été le produit d’un projet inhabituel et complexe, enjeu d’un transaction, sinon d’une tractation entre des intérêts
différents. » quand cette phrase peut également s’appliquer au don de sperme, d’ovocyte ou même à l’adoption qui sont autorisés en France ? Enfin, la référence à un livre de science-fiction
et non à des éléments réels pour afficher le spectre de "la constitution de pools de gestatrices agrées" ne fait que confirmer l'absence de motifs éthiques sérieux pour justifier la prohibition
de la GPA.