Le tabagisme au collège et au lycée a repris

Publié le par Planète-Eléa

 

 

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Le nombre de collégiens fumant tous les jours a plus que doublé entre 2007 et 2010. Ils sont près de 5% dans ce cas. 

 


 
 
«L'image sociale de la cigarette est de moins en moins dépréciée auprès des jeunes», regrette le Pr Bertrand Dautzenberg.
«L'image sociale de la cigarette est de moins en moins dépréciée auprès des jeunes», regrette le Pr Bertrand Dautzenberg.

Les collégiens et lycéens parisiens, qui avaient massivement renoncé à fumer dans la foulée du plan cancer, sont en train de reprendre goût à la cigarette. Les derniers résultats de l'enquête annuelle menée par l'association Paris sans tabac, en partenariat avec le rectorat de Paris et la Caisse primaire d'assurance-maladie, confirment une reprise du tabagisme chez les adolescents parisiens.

Selon cette étude, rendue publique ce jeudi, le nombre de collégiens fumant tous les jours a plus que doublé entre 2007 et 2010. Près de 5% des jeunes âgés de 12 à 15 ans sont aujourd'hui des fumeurs quotidiens. L'augmentation est de 15% chez les lycéens. Un quart des 16-19 ans fument tous les jours. Cette reprise du tabagisme est plus marquée encore chez les filles: elles sont passées devant les garçons pour la consommation de tabac.

«L'image sociale de la cigarette est de moins en moins dé préciée auprès des jeunes, regrette le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et auteur de l'étude. Or c'est un âge charnière: plus un fumeur commence tôt, plus il aura de risque d'être dépendant.» L'enquête, qui porte sur 2% des classes, n'est pas représentative de la situation à l'échelle nationale. Ses résultats sont cependant jugés inquiétants par les médecins spécialisés en santé publique. «Tous les indicateurs sont au rouge, remarque ainsi le Pr Albert Hirsch, vice-président de la Ligue nationale contre le cancer. Or, excepté l'interdiction de fumer dans les lieux publics, aucune mesure importante n'a été prise depuis la politique volontariste menée en 2003 dans le cadre du plan cancer.» À l'époque, plusieurs mesures avaient été adoptées avec succès: suppression des paquets de 10 cigarettes, interdiction de la vente aux moins de 16  ans ou encore augmentation massive des prix du tabac.

«Aujourd'hui, les actions de prévention visant les jeunes sont rares, déplore de son côté Bertrand Dautzenberg, dont l'association n'a pas reçu de subvention cette année. Plusieurs programmes menés dans les établissements scolaires sont menacés, faute de financement.»

 

«Entendre la notion de risque» 

Le message préventif reste d'ailleurs difficile à faire passer. «Les élèves ont du mal à entendre la notion de risque, observe Patrice Corre, le proviseur du lycée Henri IV, à Paris, qui a mis en place des actions au sein des classes de seconde. Cela fait sans doute réfléchir, mais ces interventions n'ont pas d'effet immédiat.» Quant à l'interdiction de fumer dans les collèges et lycées, la mesure connaît des ratés. «Il a pu arriver que des élèves fument dans la cour en raison de la pénurie de surveillants», confie le proviseur d'un lycée parisien favorisé, où les professeurs viennent de dénoncer la violation de la loi dans une pétition adressée à l'académie de Paris.

Dernière mesure en date, l'interdiction de vendre du tabac aux mineurs a été votée par l'Assemblée nationale en juillet. Elle devrait entrer en vigueur dans les jours qui viennent. Le décret d'application est en cours de signature au ministère de la Santé.

 

 

Par  Delphine Chayet - http://www.lefigaro.fr/

 


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Publié dans Infos du Monde

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