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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 06:15





Grâce à la volonté des pouvoirs publics, son apprentissage tend à progresser depuis 2006.



Les défenseurs de l'allemand mettent en garde contre la pénurie de professeurs d'allemand en primaire et bientôt dans le secondaire.
Les défenseurs de l'allemand mettent en garde contre la pénurie de professeurs d'allemand en primaire et bientôt dans le secondaire. Crédits photo : Le Figaro

L'enseignement de l'allemand commence timidement à progresser en France. Luc Chatel, le ministre de l'Éducation nationale pourra annoncer cette nouvelle aux recteurs des différentes régions allemandes réunis lundi à la Sorbonne pour plancher sur le sujet. La situation était dramatique, avec une chute libre des effectifs, jusqu'en 2004, date à laquelle la France et l'Allemagne ont décidé de contrecarrer cette tendance.

La chute a été enrayée et on assiste même à une très légère progression depuis 2006. Désormais 823 277 élèves apprennent l'allemand (soit 15,4 % du total des collégiens et lycéens, contre 15,2 % en 2006). Cette progression devrait se poursuivre avec l'augmentation constatée des élèves choisissant l'allemand à l'entrée en sixième (90  567 sont concernés en 2009, contre 73 763 en 2003). Un espoir lié à la multiplication des classes «bilangues», qui permettent d'apprendre à la fois l'anglais et l'allemand dès le début du collège. La plupart des parents ne veulent plus, en effet, faire l'impasse sur l'anglais, considéré comme incontournable.

 

Pénurie de profs

L'image élitiste associée à l'allemand, sa réputation d'être «difficile » à apprendre, et l'histoire mouvementée de son peuple au XXe siècle ont fortement nui à son apprentissage depuis une vingtaine d'années. Pourtant, l'Allemagne est notre premier partenaire commercial et quelque 3 000 entreprises germaniques sont implantées en France. Il existe aussi deux fois plus de jumelages entre des villes françaises et allemandes qu'avec des villes anglaises ou espagnoles, note Frédéric Auria, président de l'Association pour le développement de la langue allemande.

«Malheureusement, le choix d'une langue repose avant tout sur des clichés», estime-t-il. Certes, l'allemand est une langue à déclinaisons, mais la conjugaison espa­gnole est plus complexe. Et les dictionnaires allemands contiennent moins de mots de vocabulaire que les dictionnaires anglais ou espagnols, fait-il observer : «Mes collégiens se débrouillent vite et sont pourtant loin d'être des petits génies !» Chaque année, une brochure tirée à un million et demi d'exemplaires est adressée aux parents d'élèves pour engager leur progéniture à apprendre la langue de Goethe. Fort heureusement pour ses défenseurs, l'image de l'Allemagne évolue favorablement par le biais de films récents de qualité comme Good Bye Lenin ! ou La Vie des autres. Des groupes de musique comme Tokyo Hotel ou Rammstein ont également popularisé la langue auprès des jeunes Français. Seul écueil, selon les défenseurs de l'allemand, il est de plus en plus difficile de trouver des professeurs capables d'enseigner cette ­langue en primaire. «Une pénurie de profs d'allemand commence aussi à se faire ressentir dans le secondaire», assure Frédéric Auria.

 

 

 

Par Marie-Estelle Pech - http://www.lefigaro.fr/

Publié dans : Education et loisirs - Communauté : La communauté pédagogique - Par Planète-Eléa
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