Mandela, le prisonnier devenu icône

Publié le par Planète-Eléa

Le père de la nation africaine laisse un pays fragile, rongé par l'insécurité, la misère et le sida - dont un de ses fils est mort - son ultime combat depuis qu'il s'était retiré de la vie politique. Retour sur un destin intimement lié à l'histoire de son pays.

 

 

 

Les Sud-Africains sont orphelins, qui l'appelaient affectueusement "papa". "La disparition de Nelson Mandela va faire mûrir notre démocratie, avance la sociologue sud-africaine Lebogang Mogwena. Un peu comme quand vos parents meurent : vous devez vous débrouiller sans la présence de cette immense personnalité qui était comme un guide, une étoile divine."

Né en 1918 dans une famille royale, il reçoit une éducation traditionnelle et devient avocat. En 1942 commence son combat contre l'apartheid, quand il rejoint le Congrès national africain (ANC) : il défend des militants noirs et soutient la lutte armée. En 1964, jugé pour "haute trahison et sabotage", il est condamné à la perpétuité et incarcéré à Robben Island. Vingt ans de détention qu'il met à profit pour préparer le futur de son pays. La ségrégation raciale sévit toujours en Afrique du Sud, et la colère gronde dans les townships. Prononcer le nom de Mandela est interdit, mais son renom grandit. 

Les pressions internationales s'accentuent sur Prétoria jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Frédérik de Klerk, qui le libère en 1990 (le 11 février). Ils partageront un prix Nobel de la Paix en 1993. Un an plus tard, les premières élections démocratiques portent Mandela à la présidence. Il n'y reste que cinq ans, contrairement à nombre de dirigeants africains inamovibles. La priorité de son mandat : la réconciliation entre Noirs et Blancs.

"Il a réalisé ce qu'aucun autre leader de l'ANC n'aurait su faire : tenir un vrai discours de pardon et un langage de renouveau", souligne Lebogang Mogwena. Et même convertir la communauté noire au rugby, sport de Blancs - avec à la clé une Coupe du monde remportée en 1995.

Publié dans Infos du Monde

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