Mortalité maternelle : un monde entre le Nord et le Sud

Publié le par Planète-Eléa

 

Rendu public ce 6 mai, le rapport de l’OMS consacré à la mortalité maternelle dans le monde fait état de nets progrès en termes d’accès aux soins pour les femmes enceintes. Ils ont permis de quasiment réduire de moitié le nombre de décès survenus au cours de la grossesse ou la naissance, depuis 1990. Mais « 33 décès par heure, c’est encore trop », insistent les auteurs. D’autant que de grandes inégalités persistent selon les pays (voir la datavisualisation ci-dessous)

« Au total, 289 000 femmes n’ont pas survécu à leur grossesse ou à la naissance de leur enfant en 2013, contre 523 000 en 1990 », précisent les auteurs du dernier rapport de l’OMS. Ainsi, à l’échelle mondiale, le taux de mortalité maternelle défini comme « le décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison » – a-t-il diminué de 45% en 23 ans.

Onze pays au sein desquels les chances de survie étaient faibles en 1990 ont déjà atteint l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) en la matière. A savoir « de réduire de 75 % le taux de mortalité maternelle, entre 1990 et 2015 ». C’est le cas du Bhoutan, du Cambodge, du Cap Vert, de la Guinée Equatoriale, de l’Erythrée, de la République démocratique du Laos, des Maldives, du Népal, de la Roumanie, du Rwanda et du Timor Oriental.

Sauver la vie des femmes

Dans une autre étude publiée dans The Lancet Global Health, des auteurs révélaient les principales causes de mortalité maternelle. Une femme sur quatre est décédée de complications de sa grossesse. La même proportion n’a pas survécu des suites d’une hémorragie survenue lors de l’accouchement. Et dans plus d’un cas sur quatre également, le risque de développer une pathologie n’était pas directement lié à la grossesse, mais existait chez la mère avant même la conception de l’enfant.

Un écart nord-sud important

Autre point édifiant du rapport, l’inégalité entre les régions du monde les plus favorisés et les pays en développement. « En Afrique sub-saharienne, une jeune femme de 15 ans présente 1 risque sur 40 de décéder en couche ou pendant l’accouchement. Contre 1 sur 3 300 en Europe », précise le Dr Geeta Rao Gupta, directeur adjoint exécutif de l’UNICEF.

L’Afrique Sub-saharienne reste en effet la région du monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé. Ainsi dix pays du continent concentrent à eux seuls 60% du nombre des décès : « l’Inde, le Nigeria, la République Démocratique du Congo, l’Ethiopie, l’Indonésie, le Pakistan, la Tanzanie, le Kenya, la Chine et l’Ouganda.

Un meilleur accès aux soins

Pour que les progrès perdurent, il s’agit « d’œuvrer pour la qualité des soins prodigués aux femmes enceintes pendant la grossesse mais aussi lors de l’accouchement », conclut le Dr Flavie Bustreo, sous-directeur générale en charge de la santé de la famille, de la femme et de l’enfant à l’OMS. « Et de veiller à la prise en charge particulière réservée aux naissances à risque ».

 

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Publié dans Infos santé

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