Nikos, l'animateur de The Voice sur tous les fronts

Publié le par Planète-Eléa

Entre C'est Canteloup, 50 mn Inside, sa rubrique d'interviews sur Europe 1 et les enregistrements de The Voice, Nikos Aliagas a un emploi du temps bien chargé. Entre deux prises, l'animateur évoque la nouvelle saison du télé-crochet et livre sa vision du métier d'animateur/journaliste.

 

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Cette troisième saison de The Voice est marquée par l'arrivée de Mika, en remplacement de Louis Bertignac. Comment le nouveau coach s'est-il intégré à la bande ?

Très bien. Mika est un petit malin et un grand pro. Il a fait de la télé un peu partout, à Rome ou à Los Angeles notamment, et il connaît parfaitement la dialectique et la sémantique télévisuelle. Dans un premier temps, il a été observateur, mais il est très rapidement monté en puissance. Au final, il se révèle stratège. C'est assez drôle car même s'il ne se retourne pas sur un talent, il ne manque pas de donner son avis et de conseiller les candidats sur le coach qu'il devrait rejoindre. Ça crée parfois une gentille zizanie. Quand un nouveau arrive dans une bande, il y a toujours la crainte de perdre un peu la magie et la bonne humeur de l'ancien groupe. Mais avec lui, c'était loin d'être le cas.

Cette année, y a-t-il un candidat en particulier qui vous a bluffé ? Et plus globalement, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué au cours des saisons précédentes ?

Un talent m'a profondément scotché par la profondeur de sa voix. Il passe d'ailleurs dans les bandes-annonces de l'émission. Ce garçon reprend Fever et il a une voix de fou, qui ne correspond d'ailleurs pas nécessairement à son physique. Ce décalage est toujours amusant à constater. Toutes saisons confondues, j'aime beaucoup Flo Malley qui m'émeut et fait son petit bonhomme de chemin. L'album soul à la française de Yoann Fréget est aussi excellent. Sinon, j'aimais bien la petite Al.Hy. Je suis sûr qu'elle va revenir sur le devant de la scène. Ce qui m'intéresse par-dessus tout quand je fais l'émission et quand je la regarde après coup, c'est l'émotion et les chanteurs qui vous prennent aux tripes.

Qu'est-ce qui est le plus amusant en tant qu'animateur : présenter The Voice - où tout est cadré et où votre rôle est, au début du moins, assez effacé - ou bien les NRJ Music Awards, où tout peut arriver ?

Quand je suis en direct sur The Voice, tout peut arriver aussi. L'évolution du rôle d'animateur est progressive sur l'émission. Il commence discrètement, ce qui est plutôt bien. Les codes de l'animation ont changé. Il faut accompagner les gens, ce qui ne veut pas dire être au centre du barnum. Ce n'est pas frustrant car au début, je suis avec les familles et ce qui se passe avec elles est très fort. Le concept de The Voice, c'est : un fauteuil, un coach et un talent. C'est fini l'égocentrisme narcissique de l'animateur, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Je suis journaliste avant d'être animateur. Je ne voudrais pas trop en faire et ne pas être à ma place. Je suis un artisan télévisuel et je ne crois pas au vedettariat. Ce qu'il faut, c'est bien faire son travail, c'est tout ce qu'on me demande.

Il y a une dizaine d'années, vous étiez présentateur du JT en Grèce. Le journalisme d'actualité, pur et dur, ne vous manque-t-il pas ? Etes-vous satisfait de votre parcours ?

Non, pas pour le moment. Mais vous savez, je me sens encore journaliste. Je l'ai été plus longtemps qu'animateur. Avant de présenter le JT, j'étais grand reporter à Euronews. Je fais partie de ses créateurs et j'ai aussi travaillé à RFI. Je viens de là et je n'ai jamais vraiment arrêté. A Europe 1, je suis toujours dans une rédaction et je fais environ quatre grosses interviews par semaine. Quand je parle de la mondialisation et du trafic de cadavres avec Philippe Sollers, je suis en plein dans l'actu. Je n'interviewe pas que des acteurs et des chanteurs. Par ailleurs, mes réflexes n'ont pas changé. Je me lève le matin et j'épluche les journaux et les dépêches de la même façon qu'il y a dix ans. Même quand je travaille sur une émission de divertissement, ma méthode est toujours journalistique. C'est Canteloup par exemple, reste un journal, drôle certes, mais un journal quand même, avec une démarche éditoriale. Les infos sont vraies (rires). Eh oui, je suis plutôt satisfait ! J'ai eu de la chance, que j'ai certainement provoquée, et je n'ai volé la place de personne. Si tout s'arrête demain, je pourrai partir librement en me disant que j'ai gardé ma dignité. J'ai bien conscience que rien ne m'appartient, il y aura d'autres animateurs après moi. Celui qui croit être irremplaçable a tort.

Vous êtes particulièrement présent sur les réseaux sociaux où les commentaires ne sont pas toujours tendres, comment gérez-vous cela ?

J'ai plutôt de bons commentaires sur Twitter, vraiment. Enfin, quand je dis «bons», je veux dire constructifs. Je gère ça moi-même. Maintenant, c'est vrai qu'il ne faut pas écrire de bêtises, il ne faut pas non plus se prendre en photo à poil dans sa salle de bains et surtout ne pas croire qu'on devient quelqu'un parce qu'on est sur Twitter. Quand tu penses que tu es quelqu'un car tu as 100 000 ou un million de followers, c'est que tu as raté ta vie. Quand on a un lien avec les gens, ce qui est important, c'est donner mais surtout recevoir. Ce qui m'intéresse, c'est la résonance du sondage permanent, savoir ce que pensent les gens. Ça change tellement vite. Pour moi, ce n'est pas une démarche narcissique. Il faut le prendre comme un jeu et pas comme un but. Par contre, je dois avouer que le partage des photos m'enthousiasme. Je poste souvent des portraits de ceux que j'interviewe. Ce n'est pas du people, mais plus un regard sur une personnalité. Et c'est intéressant d'échanger ça avec des milliers de personnes partout dans le monde. Ça dépasse le gadget pour ma carrière. Je n'ai pas de plan de com, et je m'en fous, car il ne restera rien de tout ça.

Propos recueillis par  Anne Estenne (Plurimedia)

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