Sida : l’Inde soigne un peu plus et un peu mieux

Publié le par Planète-Eléa

 

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Pas moins de 25 000 professionnels de la santé et responsables politiques se sont réunis à Vienne dimanche pour la dix-huitième conférence mondiale sur le sida. L’occasion de revenir sur la situation en Inde, qui compte 2,3 millions de personnes porteuses du VIH sur les 33,4 millions répartis dans le monde, selon l’Onu.

 

 

4,7 millions pour toute l'Asie, 2,3 millions en Inde : Les chiffres des personnes infectées par le VIH parlent d'eux mêmes.  Et si New Delhi parvient de mieux en mieux à prévenir et à dépister le virus, les traitements pour les personnes séropositives continuent, eux, d'être distribués de manière inégale.
« Faire en sorte que les médicaments soient accessibles à tous a sauvé plus de six millions de vies depuis 2002 – 4000 vies chaque jour. Bien que les infrastructures, les médecins, et les fonds restent des challenges, l'Inde doit continuer à augmenter l'accès aux traitements », a affirmé Michel Kazatchkine, le directeur de Global Funds, malaria and Tuberculsis, qui a investi un milliard de dollars dans le pays depuis 2002.
En Inde, les personnes infectées par le VIH peuvent être traitées gratuitement dans les centres gouvernementaux, quand le dosage de leurs cellules CD4 passe en dessous des 200 cellules par microlitre de sang.  En janvier 2010, on estimait à 320 000 le nombre de personnes ayant eu accès à ces traitements gratuits. Mais l'organisation mondiale de la Santé (OMS) a révisé depuis 2009 ses données, estimant désormais que le seuil devrait être augmenté à 350 cellules par microlitre de sang. Une révision qui, pour l'Inde, signifierait que le nombre de patients pourraient plus que doubler…
Confronté à un nombre grandissant de patients présentant des résistances aux traitements, l'organisme public chargé de lutter contre la pandémie, (National aids control organization  ou Naco), a également ouvert deux centres de thérapie de seconde ligne (thérapie administrée lorsque le traitement initial ne fonctionne pas ou plus) à Mumbai et Chennai en 2008. Lorsqu'il a lancé ce programme, Anbumani Ramadoss,  ministre de la Santé et des allocations familiales, s'était félicité des avancées indiennes dans la lutte contre le sida : «  Nous nous étions engagés à atteindre le nombre de 100 000 personnes soignées par la thérapie antivirale et nous y sommes parvenus. Nous sommes maintenant prêts à fournir des traitements de seconde ligne, pour ceux qui auraient développé une résistance aux médicaments de première ligne ». On dénombre aujourd'hui 272 centres distribuant des trithérapies, et parmi eux, les centres approvisionnés en traitements de seconde ligne sont présents dans huit Etats.
Dans ce domaine, la couverture du territoire reste cependant trop faible. Plusieurs raison à cela : si la thérapie initiale est composé de médicaments génériques qui sont produits à grande échelle en Inde, les génériques de seconde ligne sont encore trop rares. Les médicaments brevetés, qui représentent la plupart des traitements de seconde ligne peuvent coûter jusqu'à dix fois plus cher.
Par ailleurs, les critères gouvernementaux d'accès au traitement de seconde ligne sont extrêmement stricts : « seuls ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, les veuves, et les enfants » et ceux qui ont reçu un traitement de première ligne dans un centre gouvernemental pendant au moins deux ans sont éligibles.

  par Esther Oyarzun - http://www.aujourdhuilinde.com/

Publié dans Infos santé

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