Publié sur la page Facebook d'Anyss Arbib.
La scène se déroule porte Maillot, à Paris, le 18 novembre. À un policier qui lui demande ce qu’il regarde, Anyss Arbib, étudiant de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, français
d’origine marocaine, rétorque: "Je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po." Il se voit alors répondre :"J’emmerde Sciences Po", avant de se faire asperger de gaz lacrymogène.
Lorsqu’il demande des explications, un CRS le traite de "sale Arabe". Son témoignage, qui fait la une du quotidien "Libération" ce mardi. Contacté par FRANCE 24, l’étudiant affirme que Richard
Descoings, le directeur de Sciences-Po, l’a poussé à rendre son témoignage public. À l'heure actuelle, Anyss, en contact avec quelques avocats, réfléchit à l'opportunité de porter plainte.
Voici des extraits du témoignage publié par Anyss Arbib sur sa page Facebook. De larges passages de ce texte ont été repris
par "Libération" :
"Moi, Anyss, Français d’origine marocaine, honnête citoyen et étudiant à Sciences Po, je montais dans cette voiture immatriculée 93 [département de la Seine Saint-Denis, ndlr] dans le seul but
d’assister à un évènement exceptionnel. Par curiosité, pourrait-on dire (…). Accompagné d’un ami qui connaissait bien les rues de Paris, je me retrouvais rapidement au niveau de l’Arc de
Triomphe. Le 'pacifisme' du début de soirée laissait rapidement place à quelques affrontements - tout de même marginaux - entre quelques individus et les forces de l’ordre. Face au danger
croissant, nous décidions de rentrer rapidement (…). À la porte Maillot, nous découvrons, au milieu de bouchons, un Paris - non - une France en guerre contre une partie de ses citoyens (…).
J’ai vu des pères de famille stationnés sur le bas-côté matraqués et humiliés devant leurs enfants. J’ai vu des jeunes qui fêtaient la victoire sans aucune violence, mais avec la spontanéité et
l’enthousiasme des 20 ans, se faire rouer de coups jusqu’au sang (…). Quelques hectomètres avant l’entrée du périphérique, je regarde, effaré, un CRS fracturer le nez - d’un coup de matraque
net et précis - d’un jeune en voiture. Motif ? Aucun, en apparence. Le CRS vient alors vers nous en demandant ce que l’on regardait. Je réponds que l’on regarde simplement devant nous. Un
'ferme ta gueule' qu’il lance alors doit couper court à l’échange. Mais quand je réponds - encore - que l’on est correct avec lui et qu’il n’a pas à user d’un tel langage, la sanction est
immédiate : il me pulvérisa d’un gel lacrymogène, dans les yeux, et à bout portant. À peine eut-il fini que son merveilleux collègue en remettait une couche. La respiration coupée, j’ai cru
mourir étouffé. Pour moi, c’était la première agression de ce type et… je ne l’oublierai pas. Jamais (…). Révolté, j’ai quand même demandé des explications à un CRS en repli, ou tout du moins
tenté de le faire : 'Allez, dégage sale Arabe, aujourd'hui c'est la fête pour vous mais surtout pour nous. On peut vous tabasser comme on veut.' Toujours cette origine qui nous est renvoyée à
la face tel un défaut…"
Contacté par FRANCE 24, Anyss Arbib explique comment son histoire est parvenue jusqu’aux médias.
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